Crédit immobilier : un peu d'assouplissement, mais jusqu'à quand ?

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Les nouveaux seuils de l’usure, qui fixent le plafond légal auquel les banques peuvent accorder des emprunts immobiliers, tous frais inclus, ont été relevés de 0,50 point.

Vousfinancer

L’accès aux demandes de crédits immobiliers devrait un peu s’assouplir ce mois-ci : les nouveaux taux d’usure, qui fixent chaque trimestre le niveau maximum des emprunts tous frais compris qui peut être accordé par les banques, ont été augmentés jeudi 29 septembre de près de 0,50 point pour le 4e trimestre.

Ces taux passent de 2,6% à 3,03% pour les crédits d’une durée de 10 à 20 ans, et de 2,57% à 3,05% pour ceux de 20 ans et plus, alors que la plupart des professionnels tablaient sur une évolution aux alentours de 2,85% à 2,90%.

Des dossiers acceptés jusqu’à 2,4% de taux de crédit immobilier

Cette hausse inédite devrait permettre de débloquer pas mal de dossiers en cours, saluent les spécialistes du courtage immobilier.

« Avec un taux d’usure à 2,57% sur 20 ans et plus, les dossiers de crédits à plus de 1,90 % avaient parfois du mal à passer pour les emprunteurs de plus de 40 ans. Or, très peu de banques proposent aujourd’hui des taux inférieurs à 2 %… Désormais, il sera possible d’obtenir un accord de prêt auprès d’un plus grand nombre de banques, proposant des taux jusqu’à 2,40% », commente ainsi Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Un répit de courte durée

Si les nouveaux seuils de l’usure sont une bonne nouvelle pour les consommateurs, il reste cependant à craindre que ce répit soit de courte durée : la remontée des taux d’emprunt des crédits devrait se poursuivre, et absorber rapidement celle des taux d’usure, alors que la Banque Centrale Européenne reste déterminée à davantage resserrer sa politique monétaire cet automne pour juguler l’inflation.

Face à la hausse des obligations à 10 ans de l’Etat français (sur lesquelles les établissements bancaires se basent pour fixer les taux de crédit immobilier) et les coûts élevés de refinancement des banques françaises, « il nous semble par conséquent inévitable que les taux de crédit pratiqués par les banques poursuivent leur marche haussière, ce qui pourrait de nouveau causer des situations de refus de prêt pour dépassement du taux d’usure à horizon de quelques semaines », observe Olivier Lendrevie, président de Cafpi.

Refondre la méthode de calcul de l’usure

La profession des courtiers en crédit immobilier réclame depuis plusieurs mois que le calcul du taux de l’usure soit modifié pour protéger les consommateurs de l’« effet ciseaux » qu’ils subissent, les taux de crédit immobilier remontant plus vite que ceux de l’usure, qui augmentent moins rapidement, car ces derniers se basent sur les taux d’intérêt du trimestre précédent (leur moyenne, augmentée d’un tiers).

« Nous continuons d’appeler à une révision de la méthodologie de calcul, afin de rendre le taux d’usure plus directement corrélé à la réalité du terrain », a ainsi réagiPierre Chapon, président de Pretto, à la publication des nouveaux seuils de l’usure.

Sortir l’assurance emprunteur du calcul du TAEG, ce qui aurait pour conséquence de le baisser fortement (dans certains cas, de le diviser par deux), est une autre piste proposée par les professionnels.

Source de l'illustration de l'article : Vousfinancer.

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