Acheter un logement en cryptomonnaie est devenu très simple aux Etats-Unis

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Le même type de transaction immobilière est difficilement réalisable en France...

Barnes

Si les cryptomonnaies sont encore loin de pouvoir revendiquer un véritable statut de monnaie en raison de leur volatilité, les exemples où elles peuvent remplacer les devises officielles se multiplient. C’est notamment le cas en Floride où on ne compte plus les start-up évoluant dans le secteur des cryptomonnaies. A Miami, le maire Francis Suarez, féru de cryptomonnaies, a déjà perçu son salaire en cryptos et aspire à ce que ses administrés puissent faire de même à court terme. La possibilité de payer ses impôts avec des devises numériques est également à l'étude à Miami.

Un appartement de 650 m² en duplex payé en Ethereum

C’est d’ailleurs à Miami que les transactions immobilières en cryptomonnaies se démocratisent. Le réseau d’agences immobilières de prestige Barnes a récemment signé la plus importante transaction de l’année 2022 en cryptomonnaie aux Etats-Unis et la deuxième plus grosse vente jamais réalisée en Floride. Il s’agit d’un appartement de 650 m² en duplex, situé dans Marquis Residences, une adresse très huppée du centre-ville de Miami, qui s’est vendu en 24 heures l’équivalent de 7 millions de dollars en Ethereum, un prix légèrement supérieur à son prix de présentation (6,945 millions de dollars). Et il aura fallu moins de 15 jours pour que la transaction soit officiellement enregistrée en Ethereum (ETH) convertis en USDC, un stablecoin indexé sur le dollar.

« Cet appartement dispose d’un accès direct à une plage privée et offre d’extraordinaires vues panoramiques sur la Baie de Biscayne. Pour des entrepreneurs généralement jeunes, qui ont fait fortune dans les cryptomonnaies, la question ne se pose pas. C’est ainsi qu’ils veulent régler tous leurs achats, d’une note de restaurant à une transaction immobilière de plusieurs millions de dollars », explique Enzo Rosani, directeur associé de Barnes Miami.

Simple aux Etats-Unis

Cette transaction aurait tout aussi bien pu être négociée en Bitcoin et Barnes rappelle qu’une transaction immobilière en cryptomonnaie est extrêmement simple aux Etats-Unis : au cœur de la procédure se tient un avocat, représentant à la fois de l’acheteur et du vendeur, qui ouvrira dans cet exemple un compte en ETH dédié à cette opération. Lors du closing, le vendeur peut bien sûr choisir de conserver les ETH ou de les convertir en dollars. Comme le souligne Enzo Rosani, « La stabilité de l’USDC permet de sécuriser la transaction pour le vendeur et l’acheteur et surtout d’effacer les craintes liées à la volatilité du cours des cryptomonnaies ».

« Ces transactions sont un gage de sécurité et de rapidité, tout en supprimant les frais bancaires liés aux transferts d’argent traditionnels », ajoute Enzo Rosani. Il estime que d’ici 5 ans, 30 à 40% des ventes immobilières aux Etats-Unis pourraient se faire en cryptomonnaies.

Très compliqué en France

Pour faire le parallèle avec la France, Barnes explique que les transactions immobilières en cryptomonnaie y restent difficilement réalisables. Les obstacles ne sont pas vraiment réglementaires mais viennent plutôt d’une mise en pratique encore délicate. « Le notaire n’a pas le droit d’accepter les cryptomonnaies comme moyen de paiement pour une vente immobilière », explique Me Gabriel Neu-Janicki, avocat spécialisé en Droit immobilier.

Il est en revanche tout à fait possible que ce paiement se fasse en dehors de la comptabilité du notaire. « Mais comme le notaire sera dans l’incapacité de déterminer l’origine des fonds utilisés, il devra effectuer une déclaration auprès de Tracfin, l’organisme de lutte contre le blanchiment d’argent. Il y a donc fort à parier que les services fiscaux se penchent sur cette transaction. Si les cryptomonnaies utilisées ont été gagnées ou converties de manière transparente, ce n’est pas forcément un problème en soi. En revanche, l’attente du feu vert de Tracfin peut allonger le délai de vente », explique l'avocat.

a savoir

Miami figure en première place du classement mondial "Barnes Global Property Handbook 2022", qui recense les villes les plus attractives aux yeux des grandes fortunes. La présence des nouvelles technologies et des start-up à Miami, avec 9,4% de la population active travaillant dans ce type de sociétés, ne semble pas étrangère à ce succès.

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