A-t-on intérêt à suspendre ou à moduler les échéances de son prêt immobilier ?

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La plupart des emprunts immobiliers proposés par les banques sont modulables, c’est-à-dire que l’emprunteur a la possibilité de demander, sans frais, une baisse de ses mensualités dans une certaine limite.

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La peur de ne plus pouvoir rembourser son emprunt immobilier en raison d’une perte de revenus liée au chômage partiel ou à la fermeture de leur société ou activité pour les indépendants, artisans ou commerçants ? Le courtier en prêts immobiliers Vousfinancer constate depuis quelques jours une multiplication des demandes de report ou de suspension d’échéance auprès des banques.

Vousfinancer rappelle en effet que certains établissements prévoient dans les offres de prêt une option permettant de suspendre ses échéances au bout de 24 mois de remboursement, pour une durée de 1 à 12 mois, en une ou plusieurs fois. L’assurance de prêt, elle, continue par contre à être versée mensuellement.

Une option négociable

« Même si votre banque ne propose pas cette option, elle pourra tout de même accepter un report temporaire dans cette situation particulière à l’épidémie de coronavirus, car son objectif est d'assurer la continuité du remboursement du crédit pour éviter que celui-ci ne passe en créance douteuse ou défaut de paiement. Certaines banques qui avaient prévu cette clause sont même en train d'assouplir les conditions de report pour accompagner au mieux leurs clients », précise Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Attention au surcoût

Le courtier rappelle cependant que la suspension d’échéance a un coût car le report génère des intérêts supplémentaires. Exemple : avec un prêt de 200.000 € à 1,5 % sur 20 ans souscrit il y a 2 ans, suspendre la mensualité de 965 € pendant 3 mois allonge la durée totale du prêt de 4 mois avec un surcoût de 1.000 €.

Privilégier la modulation d’échéances

Une autre solution plus souple est certainement à privilégier : la modulation d’échéances. La plupart des emprunts immobiliers proposés par les banques sont en effet modulables, c’est-à-dire que l’emprunteur a la possibilité de demander, sans frais, une baisse ou une hausse de ses mensualités de remboursement. Attention, cette possibilité est encadrée par des limites à la baisse (ou à la hausse). Enfin, une baisse des mensualités aura aussi pour conséquences de rallonger la durée du crédit et donc d’augmenter son coût global.

Des limites à respecter

Il est en général possible de diminuer ses mensualités entre 10% et 30% maximum en fonction des banques, dès lors qu’on justifie déjà de 2 années de remboursement. Ces conditions figurent dans l’offre de prêt. La baisse des mensualités ne doit pas générer un allongement de la durée du prêt supérieur à 2 ans. Pour activer la modulation de son prêt, un simple courrier mentionnant la nouvelle échéance souhaitée suffit. Vous devrez ensuite accepter la proposition de la banque qui vous fera parvenir un nouvel échéancier.

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