A Paris, l’immobilier de luxe reste peu sensible à l’évolution des taux

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Les dirigeants de Féau constatent que le marché parisien des biens de luxe ne connaît pas la morosité observée sur les transactions inférieures à 1 million d’euros qui peuvent être affectées par le contexte économique, financier ou géopolitique.

Daniel Féau

Plus c’est grand plus c’est cher, avec un balcon ou un jardin, c’est encore plus cher. Jusqu’ici rien de nouveau pour le marché immobilier mais ce qui peut surprendre à Paris en en proche couronne sur le marché du haut de gamme et du luxe, ce sont les surcotes de prix au m² liées à la surface habitable ou à la présence d’une terrasse ou d’un jardin.

Surcote pour les grandes surfaces

Ces surcotes ont tendances à augmenter chaque année. D’après le réseau d’agences spécialisées dans l’immobilier de prestige Daniel Féau, la surcote associée à une superficie de plus de 200 m² par rapport à des biens de moins de 100 m² serait ainsi passée de 18,7% en 2020 à 31,9% en 2022. Daniel Féau mesure en effet un prix moyen au m² proche de 20.000 € en 2022 pour ces grandes surfaces parisiennes haut de gamme alors que les biens équivalents de moins de 100 m² se négocient en moyenne autour de 15.000 € le m².

Surcote jardin ou terrasse

Avec un jardin ou une terrasse, la surcote était mesurée à 15,9% en 2020 et à 25,4% en 2022. Les transactions du réseau Féau portant sur ce type de biens ont ainsi culminé l’an dernier à un prix supérieur à 21.000 € le m² à comparer à un peu moins de 17.000 € pour des biens sans jardin ou terrasse.

Quand ces deux qualités sont réunies, c’est-à-dire des grandes surfaces de plus de 200 m² avec jardin ou terrasse, le prix moyen au m² s’est quand même tassé l’an dernier : un peu moins de 24.000 € le m² contre 24.600 € en 2021, montrent les chiffres de Féau qui revendique une part de marché allant jusqu’à 37,6% (pour l’année 2021) sur les transactions à plus de 4 millions d’euros.

Un marché du luxe décorrélé

Plus généralement, les dirigeants de Féau constatent que le marché des biens de luxe à Paris ne connaît pas la morosité observée sur les transactions inférieures à 1 million d’euros qui peuvent être affectées par le contexte économique, financier ou géopolitique. Ils observent juste un réajustement du rapport de force entre acquéreurs et vendeurs sur le segment des appartements familiaux entre 1 et 2 millions car il est plus sensible aux conditions d’octroi de crédit. Pour autant, ce type d’appartements connaît un tel déséquilibre – l’offre étant très inférieure à la demande – que Féau n’attend pas d’évolution majeure sur ce marché en 2023.

« Lors des crises précédentes, nous avons toujours observé cette dichotomie entre le haut de gamme et le marché dans son ensemble. Le marché du luxe immobilier est clairement très résilient et progresse au rythme des autres actifs de luxe comme notamment l’art », notent Nicolas Pettex-Muffat et Charles-Marie Jottras, respectivement Directeur général et Président de Daniel Féau & Belles demeures de France.

Un segment peu sensible à l’évolution des taux

« Pour l’année à venir, nous sommes confiants car nous ne voyons pas que les constantes de ce marché du haut de gamme puissent changer. Paris garde un pouvoir d’attraction puissant pour les Français et les étrangers, l’offre de produits de qualité demeure ténue et les acquéreurs sur ce segment de prix sont peu sensibles à l’évolution des taux », concluent les deux dirigeants.

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