3 mesures fortes de relance du logement neuf pour éviter le pire

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La Fédération Française du Bâtiment redoute une crise historique du logement neuf en l’absence de véritables mesures de relance.

Reuters

La Fédération Française du Bâtiment (FFB) estime que les mises en chantier de logements neufs vont fléchir à 375.000 unités cette année contre près de 410.000 logements neufs en 2019. Compte tenu de la forte baisse des permis de construire accordés en 2020, ces mises en chantiers pourraient tomber à 328.000 logements en 2021. La FFB ne voit pas la situation s’améliorer en 2022 et redoute une crise historique du logement neuf en l’absence de prise en compte de cette situation par le plan de relance économique de la France.

Pas de véritable mesure de relance

Les prolongations du prêt à taux zéro (PTZ) et du dispositif fiscal d’investissement locatif Pinel sont jugées bienvenues par les professionnels du bâtiment mais ne peuvent selon eux s’assimiler à des mesures de relance, d’autant que les acquéreurs de logements neufs, en primo-accession ou en l’investissement locatif, sont particulièrement concernés par le resserrement des conditions d’octroi du crédit. Enfin, la FFB craint bien sûr l’arrivée de la nouvelle norme de construction RE2020 à partir de juillet 2021. Alors que l’étude d’impact du gouvernement chiffre le surcoût construction associé à environ 4%, l’estimation conjointe FFB-Pôle habitat FFB-FPI-USH l’estime à plus du double, avec des conséquences inévitables sur la hausse du prix de ces logements.

Crédit d’impôt sur les mensualités de remboursement

Pour éviter le pire, la FFB propose trois mesures de relance pour le logement, qualifiées de « simples et puissantes ». Tout d’abord accorder un crédit d’impôt sur les mensualités de remboursement de l’emprunt des primo-accédants de logements neufs. La FFB évoque un montant de 40% de la charge de l’emprunt pendant 5 ans, versé directement en tiers-payant aux établissements prêteurs et cumulable avec le Prêt à taux zéro. L’annuité prise en compte serait plafonnée à 4.000 € pour un célibataire et 8.000 € pour un ménage de deux personnes (+ 750 € par personne à charge supplémentaire). Cette aide serait mise en place pour deux ans (2021-2022) et pourrait concerner environ 30.000 projets pour un coût budgétaire moyen d’environ 460 millions d’euros par an et un coût générationnel d’un peu plus de 2,2 milliards d’euros.

Compensation du surcoût de la RE2020

La seconde mesure vise à accompagner le coût de la RE2020 avec un complément au crédit d’impôt précédent, par exemple de 10%, l’aide s’établissant alors à 50% des annuités de remboursement prises en compte sur cinq ans. Le dispositif pourrait s’élargir aux secundo-accédants, avec une aide s’élevant à 10% des cinq premières annuités plafonnées.

Coup de pouce pour le Pinel

La troisième mesure revient à majorer la réduction d’impôt du Pinel pour les logements « labellisés RE2020 ». Pour une durée moyenne d’investissement de 9 ans, cette réduction passerait de 18 % à 27 %. En première estimation, le surcoût budgétaire s’établirait, pour une génération, à près de 272 ME en 2021. Une proposition qui paraît bien ambitieuse à l’heure où le gouvernement s’est engagé à maintenir les taux de réduction du Pinel en 2021 et 2022 et à la baisser ensuite à partir de 2023, sauf pour les logements situés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville ou qui satisfont des normes environnementales exemplaires.

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