« Savoir investir en produits structurés »

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Tribune de Jérôme Rusak, président de L&A Finance.

L&A Finance

Investir en bourse ou en placements financiers ne se fait pas sans une contrepartie conséquente : un temps long passé à analyser la conjoncture et l’actualité financière. Boursicoter représente alors une activité chronophage, constituant quasiment un deuxième métier. C’est pour cette raison que des supports financiers comme les Plans d'Épargne Actions, les assurances vie ou encore les Comptes Titres Ordinaires - pour ne citer qu’eux, existent. La gestion peut être effectuée par un prestataire externe au foyer d’investisseurs, enlevant cette contrainte temporelle.

Il n’en reste pas moins que certains risques sont inhérents à ce type de placements financiers. La logique de rendement/risque permet de retirer des rentabilités attrayantes et il est aisé de s’accorder sur le fait que l’investisseur s’intéresse particulièrement à la rentabilité. Le produit structuré, ancien «fonds à formule», répond à cet objectif de rendement assuré sur du long terme, tout cela fondé sur un pari, celui de la stagnation du cours d’une société ou tout du moins du fait qu’elle ne plonge pas en dessous de sa valeur au moment de la souscription du produit structuré. L’idée n’est pas de "shorter" ou de d’être "long" comme ce peut être le cas dans le trading traditionnel mais de s’assurer un rendement en pariant sur une valeur en laquelle on a confiance.

Qu’est-ce qu’un produit structuré ?

Le produit structuré est un véhicule d’investissement financier non coté en bourse qui est fabriqué et émis par une banque. Il existe deux modes de souscription d’un tel produit. Premièrement, il peut être souscrit en direct, c’est à dire qu’il n’existe pas de support financier intermédiaire sur lequel les liquidités sont placées, ou par le biais d’un contrat d’assurance vie.

Investir dans un produit structuré revient à investir dans un produit qui combine une myriade de produits financiers, allant de l’obligation à l’action, en passant par le swap. Tous ces produits sont réunis au sein de ce que l’on appelle un indice. Lorsque l’on se place dans le cadre d’un investissement en produits structurés, parler de cet indice revient à parler de sous-jacent. La multitude des produits dans lesquels l’investissement est réalisé permet de répondre à l’objectif de diversification, central dans la stratégie patrimoniale d’investissement car permettant de lisser le risque sur le long terme.

Les parts en produits structurés doivent être possédées sur un des supports financiers suivants : compte-titres, plan d’épargne action, assurance vie ou un Plan d’épargne retraite. Bien évidemment, de manière générale, le fait de souscrire en produits structurés entraîne des frais incompressibles. Ils englobent les frais d’entrée, les frais de gestion annuels pendant la période de détention des parts, et parfois des frais de sortie.

Ainsi, cette solution d’investissement permet d’investir dans un support qui sort des sentiers battus. Toutefois, il convient de se demander comment un tel investissement fonctionne plus concrètement.

Comment fonctionne un produit structuré ?

Comme expliqué précédemment, le produit structuré est un agrégat de plusieurs actifs dont la performance est liée à un sous-jacent. La valeur du sous-jacent au lancement de l’opération d’investissement est ce que l’on appelle le "strike". Le rendement d’un tel investissement est déterminé à l’avance par une formule qui est connue au moment de la souscription. Cela permet notamment de lutter contre l’incertitude inhérente aux marchés financiers.

Ainsi, l’investisseur se positionne sur produit structuré en ayant un nombre de clés incomparable à un investissement sur les marchés financiers plus “classique”.

Dans le cadre d’un produit à capital garanti, il existe une barrière de protection qui empêche dans une certaine mesure la perte de capital au cours de la période de détention des parts. La contrepartie de cette garantie, relative ou non, est l’exposition à des cours peu volatile et à un sous-jacent qui peut croître dans des proportions moindres comparées à une hausse générée par un produit plus risqué. Toutefois, comme son nom l’indique, le capital investi est garanti, ce qui peut rassurer les investisseurs averses au risque.

Au sujet des rendements, il est nécessaire de comprendre que les remboursements peuvent survenir à des moments différents dans la période d’investissement :

  • Le remboursement à échéance : le capital est restitué ainsi que les promesses de plus-values à l’issue de la période de détention des parts, fixée en amont de l’investissement entre l’agent émetteur et l’investisseur.
  • Le remboursement anticipé : il est possible de bénéficier d’un remboursement avant l’échéance de l’investissement si les objectifs fixés sont atteints. Dans ce cas, l’investisseur peut récupérer un coupon à hauteur d’un pourcentage déterminé en amont de la souscription des parts. Dans cette optique, il est possible de mettre en œuvre des stratégies d’investissement en retirant de manière anticipée le capital investi et les gains pour les réinvestir. Dans ce cas, il est possible de bénéficier des intérêts composés, cette septième merveille du monde comme Einstein aimait le dire.

Quelle est la fiscalité relative aux produits structurés ?

Les produits structurés sont placés sur des supports financiers faisant office d’intermédiaires dans le cadre de l’investissement. Ainsi, la fiscalité est spécifique à ce support et non aux produits en eux-mêmes. Investir en produits structurés par le biais d’un PEA revient à se voir appliquer la fiscalité d’un PEA, et cela va de même pour l’assurance-vie, le CTO ou tout autres supports.

La fiscalité dépend également de la nature de ce support :

  • Revenus mobiliers
  • Plus-values mobilières au moment des cessions

Que savoir avant d’intégrer les produits structurés à votre stratégie patrimoniale ?

Il convient de déterminer en amont de l'investissement son profil de risque afin d'investir de la manière la plus éclairée possible et d’éviter toute surprise. Cet exercice peut être réalisé auprès d'un conseiller en gestion de patrimoine. Il faut également déterminer la pertinence de l'investissement et cela grâce à plusieurs indicateurs comme le risque potentiel auquel on s'expose et la fenêtre de souscription dans laquelle on signe. Il est également important d'examiner la nature du sous-jacent dans lequel les fonds investis seront placés. Enfin, il convient de comprendre le potentiel de risque de perte de capital.

Pour être accompagné au mieux, vous pouvez faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine qui possède une expertise dans le domaine des produits structurés, ce qui est le cas chez L&A Finance.

Jérôme Rusak

Le parcours de Jérôme Rusak

Président, L&A Finance

Associé fondateur du cabinet L&A Finance en 2004, Jérôme Rusak en a été le directeur général jusqu'en 2018 pour ensuite en prendre la Présidence afin d'accompagner une phase de transition et de croissance. Précédemment, il avait fait ses classes au sein de directions financières de grands groupes Immobiliers tel que Marignan, Foncia et Primonial.

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