« Les taux de rendement des fonds en euros s’érodent, réinventons l’assurance vie »

Assurance-Vie Avis d'Expert 0

Tribune de Stellane Cohen, présidente d’Altaprofits.

Sébastien d’Halloy

L’âge d’or des fonds en euros est derrière nous. Les rendements n’ont cessé de reculer ces dernières années, pour s’établir à 1,28 % en 2020, avant prélèvements sociaux, selon les chiffres publiés par l’ACPR. Si vous avez investi massivement votre épargne dans les supports en euros au sein de votre contrat d’assurance vie, vous devez vous y résoudre : le mouvement s’annonce durable. Le problème est en effet structurel : les assureurs s’engagent à rembourser à tout moment le capital investi dès lors que vous placez votre épargne sur un fonds euros. Cette protection apportée aux épargnants a deux conséquences : d’une part, les assureurs sont obligés de mobiliser des fonds propres pour tenir leurs engagements, d’autre part, ils sont contraints d’investir significativement leurs actifs en obligations d’État et d’entreprises, pour la sécurité qu’elles offrent.

Or, la baisse des taux d’intérêts entraîne inéluctablement celle des rendements des fonds en euros. La situation est d’autant plus tendue que l’inflation repart légèrement à la hausse et devrait encore affaiblir le rendement réel. Ces contraintes fragilisent la solidité et la rentabilité des assureurs, le modèle économique des fonds en euros ne tient plus. Il est nécessaire de réinventer le modèle traditionnel de l’assurance vie monosupport.

Vous l’aurez sans doute remarqué, sur certains contrats l’accès aux fonds en euros est parfois restreint, ou une majoration du taux de rendement du fonds euros est proposée sous conditions d’investir une part en unités de comptes.

Les fonds euro-croissance, une alternative attractive

Sous l’effet de ces mesures, conjuguées aussi par la recherche de meilleurs rendements, les unités de compte captent une part de plus en plus importante de l’épargne. Sur les cinq premiers mois de l’année, les cotisations sur ces supports ont atteint le montant record de 23,6 milliards d’euros, selon la Fédération française de l’assurance. Sur le mois de mai, la part des UC a atteint 40 %, selon cette même source.

Aux côtés des fonds en euros et des UC, les fonds euro-croissance constituent une troisième voie. Ce support s’inspire des fonds en euros pour l’aspect sécurité : le capital est garanti à une échéance donnée, au minimum 8 ans. Cependant la complexité des fonds euro-croissance a été un frein à leur développement. La Loi Pacte constitue une avancée, car elle simplifie leur présentation et leur fonctionnement pour une meilleure compréhension par l’épargnant.

L’intérêt des contrats multisupports

Les fonds euro-croissance constituent une opportunité pour diversifier vos placements et aller chercher la performance que les fonds en euros n’apportent plus. Mais ce n’est pas la seule, puisque vous pouvez aussi d’investir dans l’immobilier au travers des SCPI, SCI, dans des fonds structurés ou encore dans des actions au sein d’un contrat d’assurance vie… Le choix est suffisamment large pour répondre à tous les profils d’investisseurs et à tous les projets. En outre, si vous estimez ne pas avoir les compétences pour gérer votre capital, ou que vous n’en avez tout simplement pas envie, vous pouvez faire appel à la gestion pilotée. C’est l’opportunité de bénéficier, pour votre épargne, de l’expertise de professionnels de la finance. Là encore, les lignes bougent puisque la gestion pilotée ne se contente plus d’aller chercher de la performance, elle s’adapte aussi à vos convictions, en privilégiant les fonds à Investissement Socialement Responsable (ISR).

Ces exemples illustrent la capacité de l’assurance vie à se renouveler, à se diversifier pour continuer à offrir des rendements attractifs. Mais en tant qu’épargnant, vous ne devez pas vous fier aux seuls chiffres annoncés. Un empilement de frais peut sérieusement “rogner” le rendement de votre épargne. Depuis une vingtaine d’année, les contrats commercialisés sur internet ont rebattu les cartes du secteur assurantiel en n’appliquant ni frais de souscription ni frais sur les opérations, sans pour autant se passer de la qualité de service et de conseil. Car il est toujours essentiel de se faire accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine pour vous guider vers les placements adaptés à votre situation et à vos projets de vie.

Stellane Cohen

Le parcours de Stellane Cohen

Présidente, Altaprofits

Titulaire d’un DESS en gestion de patrimoine de l’Université en sciences économiques de Clermont-Ferrand ainsi que d’un Executive MBA de l’Université Paris Dauphine, Stellane Cohen a une solide expérience en matière d’épargne, de produits financiers et en gestion de patrimoine. Elle a commencé sa carrière en 1987, dans l’un des premiers cabinets en gestion de patrimoine, CAC Conseils, en tant que manager commercial. Appelée en 1995 par Norwich Union (aujourd’hui Aviva France), elle prend la direction de la distribution courtage de la région Paris Ile-de-France. En 2001, elle rejoint Generali France pour lequel elle occupe successivement différentes fonctions de direction.

En 2018, le groupe Generali lui confie la direction générale de sa filiale Cosevad, spécialisée dans la vente directe en assurance vie ; elle fait de la croissance externe un de ses principaux piliers de développement ; c’est ainsi qu’a lieu en janvier 2020 l’alliance capitalistique de Cosevad avec Altaprofits, société de e-courtage spécialisée en assurance vie et première FinTech française, dont elle assure aujourd’hui la présidence ; elle y conjugue le digital et l’expertise patrimoniale. Entre autres mandats, Stellane Cohen est administrateur du Cercle des épargnants (association d’épargnants).

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