« L’épargne durable est-elle un effet de mode ? »

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Tribune de Jérôme Rusak, président de L&A Finance.

L&A Finance

La finance durable est le nouveau terme en vogue dans tous les établissements financiers. La multiplication des labels et des régulations en est la manifestation tout comme l’intégration croissante des critères ESG (environnementaux, sociaux et gouvernance) dans les décisions d’investissements des principaux fonds de gestion.

La jeune génération, moteur de l’épargne responsable

Les millenials sont les acteurs les plus impliqués dans cette transformation : d’après EY, 17% d’entre eux souhaitent investir dans des entreprises démontrant de hauts critères ESG contre seulement 9% des générations plus âgées.

Le succès de la finance durable s’explique aisément par sa promesse alléchante : allier performance financière et impact positif.

Faut-il toutefois considérer que l’épargne durable ne relève que d’un pur effet de mode ou alors est-ce la nouvelle solution alliant meilleur couple rendement-risque et investissement éthique ?

Avec 1.827 milliards d'euros en mai 2021, les contrats d’assurance-vie demeurent le placement préféré des Français. Rentabilité, sécurité et liquidité sont les principaux attributs recherchés par les souscripteurs et 72% d’entre eux en ajoutent un quatrième : l’impact positif, celui-ci pouvant se traduire par des fonds favorisant la transition écologique, participant à la relance de l’économie et de l’emploi.

Labels et réglementation

Le label ISR (investissement socialement responsable), créé en 2016, est l’un des nombreux moyens dont disposent les Français pour vérifier l’impact réel de leur investissement.
La loi Pacte du 1er janvier 2020 impose par ailleurs à tous les contrats d’assurance-vie multi-supports d’inclure au minimum une unité de compte (UC) labellisée ISR.

D’autres labels, tels que le belge Towards Sustainability ou l’allemand FNG-Siegel, fleurissent sur le marché, poussant à davantage de transparence. Par ailleurs, la nouvelle réglementation européenne SFRD astreint les acteurs financiers depuis mars 2021 à des obligations de transparence, en se basant en particulier sur la prise en compte des critères ESG par ces fonds d’investissement.

Performance et frais de gestion

Or, un préjugé très fréquent émis par les épargnants ainsi que par les gestionnaires, est que les supports ISR seraient moins rentables que les supports "classiques".

En effet, beaucoup de particuliers considèrent que ce sont des investissements de niche : au 26 juillet 2021, seuls 742 fonds représentant 552 milliards d’euros d’encours sont labélisés ISR.

De plus, beaucoup de fonds de gestion tardent à proposer des fonds ISR, du fait de frais annuels de gestion plus élevés pour les fonds ISR-ESG, à hauteur de 1,42% contre 1,36% pour les fonds non-labellisés (données Quantalys). Cela s’explique par la nécessité d’un reporting extrêmement rigoureux de l’impact extra-financier promis par les fonds ISR, ce qui peut décourager les gestionnaires à avancer en ce sens.

Viser le rendement de long terme

Il est vrai que sur le court terme, une allocation classique apporte une rentabilité plus importante qu’une allocation totalement ISR : chez L&A Finance, nous pouvons observer un écart moyen de 5% de rentabilité nette. Or, cela se gomme lorsque l’on considère un horizon long terme : la performance moyenne de l’allocation ISR sur 5 ans est semblable à celle de l’allocation classique.

Par ailleurs, nous observons également que la volatilité d’une allocation ISR est légèrement inférieure à celle d’une allocation classique. Cela traduit une meilleure gestion du risque par les fonds ISR, qui encourent des pertes inférieures aux fonds classiques lors des baisses du marché.

Ainsi, les placements ISR constituent des moyens pertinents d’allier l’utile à l’agréable, en alliant avec brio un couple rendement-risque intéressant et impact positif.

Investir pour une économie durable et responsable, c’est profiter de la tendance haussière des marchés financiers, dans une perspective moyen-long terme. L’épargnant est alors gagnant sur tous les volets : il obtient une rentabilité supérieure et se positionne sur les supports qui dessinent le monde de demain.

Avec la collaboration de Eva Olejniczak, conseiller assistant en gestion de patrimoine

Jérôme Rusak

Le parcours de Jérôme Rusak

Président, L&A Finance

Associé fondateur du cabinet L&A Finance en 2004, Jérôme Rusak en a été le directeur général jusqu'en 2018 pour ensuite en prendre la Présidence afin d'accompagner une phase de transition et de croissance. Précédemment, il avait fait ses classes au sein de directions financières de grands groupes Immobiliers tel que Marignan, Foncia et Primonial.

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