« Le Private Equity est-il sur la voie de la démocratisation ? »

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Tribune de Jérôme Rusak, président de L&A Finance.

L&A Finance

Le Private Equity ou Capital Investissement consiste à prendre une participation financière dans une société non cotée en bourse. Cet investissement peut intervenir à tous les stades de maturité d’une entreprise : lors de sa création (capital-risque), lors de son expansion (capital-développement), lors de sa transmission (capital-transmission) ou lorsqu'elle rencontre des difficultés (capital-retournement). Il peut s’effectuer en direct ou par un fonds en déléguant la sélection et l’accompagnement à une équipe de professionnels.

Les rendements délivrés par ces derniers sont particulièrement attractifs puisqu’en considérant des périodes de 10, 20 ou 30 ans, ils dépassent les 10% par an et sont nettement supérieurs aux autres classes d’actifs. Ce rendement s’obtient en contrepartie d’une certaine illiquidité comprise entre 6 et 10 ans (le temps pour un professionnel de l’investissement d’aider la société à se développer et créer de la valeur) ainsi que d’une prise de risque sur le capital investi.

Les particuliers plus enclins à investir en Private Equity

La loi PACTE (mai 2019) a marqué un véritable tournant en France en permettant aux particuliers d’investir une partie de leur épargne sur des fonds non cotés. Traditionnellement, ils étaient réservés aux investisseurs institutionnels. L’objectif de l’Etat est double : sur le plan financier cette loi permet d’orienter plus facilement l'épargne vers l'économie réelle et le financement des entreprises ; sur le plan sociétal, elle favorise l’accès des investisseurs privés aux placements les plus rentables.

De leur côté, les assureurs et les maisons de gestion participent également à cette démocratisation. Les assureurs référencent des fonds de capital investissement en unité de compte. Depuis la loi PACTE, les investisseurs privés peuvent allouer jusqu’à 50% de leur contrat d’assurance vie en private equity. Enfin, de grandes maisons ouvrent également leurs fonds afin que des particuliers puissent investir aux côtés d’investisseurs institutionnels avec un seuil moindre. C’est le cas d’Edmond de Rothschild, par exemple, qui a ouvert la commercialisation de la stratégie ERES (Edmond de Rothschild Equity Strategy), lors de la levée du quatrième millésime. « ERES investit dans des entreprises de petites et moyennes capitalisations européennes et américaines, pour une meilleure diversification, et vise un taux de rendement en ligne avec les attentes des investisseurs privés », nous précise Mylène Bonot, Directrice des relations Investisseurs chez Edmond de Rothschild, avec qui nous échangeons régulièrement.

Les investisseurs privés séduits par les perspectives de rendement répondent présents : au premier semestre 2021, les investisseurs privés (particuliers et family office) représentaient 17% des capitaux levés soit 1,7 milliard d’euros (une augmentation de 57% par rapport au premier semestre 2020 !).

Quelques précautions à prendre en considération

Il convient néanmoins de rester prudent quant au choix du partenaire et du véhicule d’investissement. Au-delà d’un rendement historique prometteur, d’autres critères tels que la stabilité de l’équipe de gestion, la résilience des portefeuilles, la prise en compte des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance qui accélèrent encore la performance sont de nature à rendre les résultats duplicables. Enfin, il est préférable d’investir dans un fonds sélectionné également par des investisseurs institutionnels en capacité d’analyser en profondeur une stratégie. Il est donc de première importance de s’adjoindre les services d’un conseil avisé tel qu’un CGPI afin de valider la stratégie et le format du véhicule avant d’investir.

Article écrit en collaboration avec Laura Carrey, conseillère junior en gestion de patrimoine.

Jérôme Rusak

Le parcours de Jérôme Rusak

Président, L&A Finance

Associé fondateur du cabinet L&A Finance en 2004, Jérôme Rusak en a été le directeur général jusqu'en 2018 pour ensuite en prendre la Présidence afin d'accompagner une phase de transition et de croissance. Précédemment, il avait fait ses classes au sein de directions financières de grands groupes Immobiliers tel que Marignan, Foncia et Primonial.

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