« Épargnants : attention, l’Etat veut mettre la main sur votre magot ! »

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Grégory Lecler, Président de Prudentia Patrimoine.

Prudentia Patrimoine

Alors que le système économique de la France prend l’eau de toute part, les particuliers auraient épargné près de 130 milliards d’euros sur 2020, soit plus que le plan de relance du gouvernement ! Malheureusement pour eux, et pour le pays, ils privilégient les livrets réglementés ou les comptes courants plutôt que des investissements dans l’économie réelle, plus à même de contribuer à la croissance. De plus en plus de voix se font entendre pour mettre la main sur ce « trésor de guerre ».

Une épargne abondante…

Selon la théorie économique dite de « l’équivalence ricardienne », les agents économiques sont capables d’anticipation rationnelles et, face à la hausse de la dépense publique, ont réagi par une hausse de leur épargne. Ils ont été aidés en cela par les plans massifs mis en place par le gouvernement et qui leur ont permis, globalement, de ne pas perdre en pouvoir d’achat malgré le contexte économique.

Qui attire bien des convoitises

Ce surplus d’épargne devient donc un sujet de bataille politique. Certains voudraient instaurer une taxe exceptionnelle quand d’autres proposent des incitations à la dépense grâce à des transferts (donations) entre générations. Ce « concours Lépine » des inventions politico-économiques masque les maux profonds de notre pays : un poids de l’État dans le PIB qui bat tous les records (62%), une inefficacité de notre système administratif et un manque profond de culture économique et financière de nos concitoyens en raison notamment de la prise en charge historique par l’État de la santé, des retraites ou encore de l’éducation.

Ce sont les entreprises qui créent la croissance

Cela en ferait oublier que la croissance est le fruit de l’innovation (progrès technique) et de l’investissement. Or, ce dont souffrent le plus nos entreprises, ce sont le manque de fonds propres d’une part et un cadre législatif et réglementaire propice à l’initiative économique d’autre part.

Comme en témoigne le déficit commercial historique pour 2020 (65 milliards d’euros), la France est marquée par l’incapacité des entreprises nationales à répondre à la demande, et non l’inverse. Relancer la consommation ou taxer l’épargne ne pourra en aucune manière être une solution pérenne aux problèmes de compétitivité de l’industrie tricolore.

Si les Français veulent éviter d’arriver à cette solution extrême (captation de l’épargne), ils doivent réorienter leurs placements vers les actifs réels, actions en tête. Et les politiques doivent les encourager, en faisant preuve de pédagogie, et commencer par montrer l’exemple. Il suffit de jeter un œil aux déclarations de patrimoine de nos responsables politiques pour comprendre le « fossé » existant. Quasiment aucun d’entre eux n’investit en actions, par peur certainement que cela soit assimilé à de la « spéculation » d’un avide actionnaire sur le dos des travailleurs. La lutte des classes n’est pas de l’histoire ancienne. Or, nous sommes tous dans la même barque et, celle-ci fuit de toute part.

Il faut renforcer les fonds propres des entreprises

Les entreprises doivent reconstituer leurs fonds propres qui ont été mis à rude épreuve pendant cette crise. Et les prêts garantis par l’Etat ne suffiront pas à éviter la faillite de bon nombre d’entre elles quand il s’agira de les rembourser.

Réorienter l’épargne longue des français vers le financement de notre économie sera la seule issue possible aux problèmes de compétitivité, mais aussi de financement des retraites, ou encore de l’UNEDIC.

Il est temps de privatiser ce qui peut l’être en mobilisant l’épargne des français. Privatiser et laisser l’État se concentrer sur ses missions régaliennes, dont la crise du COVID a montré toute l’inefficacité et les piètres qualités de gestionnaire.

Il faut libérer les possibilités d’investissement, en déplafonnant les déductions fiscales de l’épargne retraite (retraite par capitalisation et épargne salariale), ou encore en exonérant d’impôt les plus-values sur actions.

Mais, rien ne sera possible sans une amélioration de la culture économique et financière des ménages. Français, il est temps de mettre votre épargne au travail avant que celle-ci ne soit captée !

Grégory Lecler

Le parcours de Grégory Lecler

Président Fondateur, Prudentia Patrimoine

Grégory Lecler est diplômé du DESS de Droit du Patrimoine Professionnel de l’Université Paris-Dauphine, titulaire du Titre d’Ingénieur-Maître spécialisé en Gestion de Patrimoine décerné par l’Université Paris-Dauphine. Après une expérience réussie au sein d’un grand établissement bancaire parisien en qualité de Gérant de Fortune Senior, Grégory Lecler a fondé son cabinet, Prudentia Patrimoine en 2006 et développé une expertise reconnue dans le conseil et la gestion de patrimoine en plaçant l’écoute, la rigueur professionnelle et l’éthique au cœur de son activité.

Commentaires (4)
  • Sebino
    Sebinoposté le 25.03.2021 à 20:37

    Faites du crowdfunding immobilier plutôt que de laisser dormir votre argent sur un livret A...que l état finira par ponctionner. Je vous en parle sur FaireVivreVotreArgent.com
    Personnellement, j ai donné du boost à mon épargne et j investis dans de vrais projets. Mes résultats également dispo en toute transparence sur mon site...et dispo pour en discuter par e-mail...

  • gilopero
    giloperoposté le 25.03.2021 à 08:40

    Utilisateur1920407
    "Le problème est le manque de confiance dans les engagements pris par l'État."
    Pour la bonne raison qu'ils essayent toujours par nous tromper d'un moment ou l'autre et que eux se font toujours gracieusement rémunérer d'un moment ou l'autre
    Il y a toujours divergence de point de vue d'un gouvernement dans l'optique de son exercice entre celui de prendre ce que l'on gagne et nous celui de gagner en évitant de se le faire prendre
    C'est un état de fait de dualité naturelle entre celui qui impose et celui qui le subit

  • Utilisateur1920407
    Utilisateur1920407posté le 25.03.2021 à 07:54

    On ne peut pas avoir confiance dans la parole politique, qui inciterait la population à investir en actions. À titre d'exemple, à l'origine le PEA était net d'impôt.

    Or, les plus-values et les dividendes sont taxés 17.2% de PS, qui sont classés dans la catégorie impôts de toutes natures. Et l'État ne rembourse plus les crédits d'impôts. Pourtant les entreprises ont payé l'IS sur la part des dividendes versés, sans que ceux-ci soient restitués. Donc, l'entreprise paye l'impôt à la place l'actionnaire.

    Le problème est le manque de confiance dans les engagements pris par l'État.

  • Sebino
    Sebinoposté le 24.03.2021 à 22:19

    Faites du crowdfunding immobilier plutôt que de laisser mourir votre argent sur un livret A...que l état finira par ponctionner. Je vous en parle sur FaireVivreVotreArgent.com
    Personnellement, j ai donné du boost à mon épargne et j investis dans de vrais projets. Mes résultats également dispo en toute transparence sur mon site.