Assurance-vie : « pourquoi ne pas mettre un peu d’immobilier dans vos contrats ? »

Assurance-Vie Avis d'Expert 0

Antoine Dadvisard, président du directoire de Matignon Finances

Matignon Finances

Avec plus de 1.500 milliards d’euros d’encours fin 2015, dont 80% placés sur les fonds en euros à capital garanti, l’assurance vie mérite bien son titre de placement préféré des français. Après avoir collecté un peu plus de 135 milliards d’euros en 2015 (en brut), dont 20% placés en Unité de Comptes (UC), il est légitime, à l’heure où la baisse des rendements des fonds en euros est une certitude, de se poser la question de sa diversification éventuelle. Les français n’aiment pas beaucoup le risque, alors pour ceux qui veulent dynamiser un peu leurs contrats sans trop investir sur les actions,  l’intégration de SCPI peut être une bonne opportunité dès lors que la compagnie en offre la possibilité.

L’intérêt de cette diversification est multiple car il touche les aspects économiques, fiscaux et patrimoniaux.

En termes de flux tout d’abord, les revenus des SCPI sont récurrents et souvent supérieurs actuellement à ceux des fonds en euros versés par les compagnies. En effet, il est assez courant de voir des rendements proposés de 3% à plus de 5% sur la plupart des bonnes SCPI alors que les fonds en euros sont plutôt situés entre 2 et 3% maintenant

Une fiscalité allégée, une transmission facilitée

Sur le plan fiscal ensuite, les revenus issus des SCPI, lorsque ces dernières sont détenues en direct, font partie des revenus fonciers et sont donc soumis chaque année à l’impôt sur le revenu majoré des prélèvements sociaux. Pour un contribuable soumis à un taux marginal de 41%, le taux de prélèvement est donc de 56,5%. En revanche, dans le cadre avantageux de l’assurance vie, les revenus distribués sont intégrés dans le contrat et ne supportent aucun prélèvement tant qu’aucune opération de rachat n’est réalisée. En cas de rachat partiel ou total du contrat, c’est la fiscalité des rachats qui s’applique. En attendant, les impôts et taxes non payés continuent à générer des intérêts sur le contrat.

Au niveau patrimonial, l’avantage est encore à l’assurance vie. En effet, en cas de décès, si le défunt détient des parts de SCPI en direct, ces dernières sont assujetties aux droits de succession, tandis que celles détenues dans un contrat d’assurance vie font l’objet d’une taxation selon le régime de l’assurance vie, qui reste plus avantageux dans bien des cas.

Enfin, en termes de coût d’acquisition et de liquidité, les frais supportés sont en général bien inférieurs à une détention en direct et les délais d’entrée et de sortie beaucoup plus rapides. Il n’y a pas de frais de mutations et en cas de rachat, la liquidité est assurée par la compagnie.

Un choix plus limité, mais un gage de sécurité

Comment cela fonctionne-t-il et y-a-t-il des inconvénients? En fait, les SCPI que vous pourriez détenir dans votre contrat doivent vous être proposées par la compagnie. En effet, cette dernière va les acquérir pour son propre compte, les détenir dans ses livres et vous les proposer dans les contrats qu’elle distribue. Le corolaire à tous les avantages cités plus haut est que bien sûr, chaque compagnie va sélectionner les quelques SCPI répondant à ses propres critères de risque. Il en résulte donc un choix limité, mais un choix qui aura fait l’objet d’une sélection rigoureuse par des professionnels; vous avez donc moins de chances de vous tromper !

De plus, la compagnie, dans sa politique prudentielle, va limiter pour chaque souscripteur, la part qu’il est possible de souscrire par SCPI ainsi que le montant total en proportion de votre contrat. Ce taux de détention est souvent cantonné à 25% ou 30% du montant total de votre contrat. Il n’est donc pas possible de constituer un contrat investi uniquement en SCPI, ce qui va dans le bon sens.

En conclusion, les avantages procurés par la détention de quelques SCPI dans son contrat d’assurance-vie sont indéniables grâce à la diversification qu’elles apportent, au supplément de rendement offert par rapport au fonds en euros, aux frais réduits constatés et à l’intérêt patrimonial. Le conseil d’un professionnel reste néanmoins indispensable pour vous guider dans le choix des compagnies proposant ce type d’investissement et les supports associés en fonction de vos objectifs personnels.

Antoine Dadvisard

Le parcours d'Antoine Dadvisard

Président du directoire, Matignon Finances

Diplômé de l’Université de Paris IX-Dauphine et de l’Institut National des Télécommunications, Antoine Dadvisard, débute sa carrière chez IBM dans les années 1990. Passionné depuis longtemps par les marchés financiers, il donne en 2009 une inflexion à sa carrière en devenant conseiller en gestion de patrimoine indépendant après l’obtention de son DESS de Gestion de patrimoine (Université de Clermont-Ferrand). En 2011, il prend la présidence du directoire de Matignon Finances lors de son rachat avec cinq autres associés.

Commentaires
Epargne
Actu0

Les deux-tiers des Français inquiets pour leur retraite

La majorité des Français optent pour un placement "qui rapporte peu mais est peu risqué". Et c'est vers l'assurance-vie qu'ils se tournent d'abord, selon une enquête du Cercle des Épargnants.

Lire la suite