« Assurance vie : les unités de compte conservent une place de premier plan dans une allocation financière »

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Bertrand Tourmente, fondateur d’Althos Patrimoine

Malgré la volatilité des marchés financiers, les unités de compte continuent d’être plébiscitées par les épargnants en quête de diversification et de surcroît de rendement pour leur contrat d’assurance-vie. Des unités de compte qui devraient encore avoir le vent en poupe avec l’arrivée de nouveaux supports dédiés aux actifs réels et aux infrastructures, offrant ainsi une exposition bienvenue au segment du non coté.

Décollecte nette

Si la période de confinement a permis à nos concitoyens de gonfler leur épargne, l’assurance vie n’a, hélas, pas profité de cette manne financière. Au cours des six premiers mois de l’année 2020, le placement préféré des Français a en effet subi une décollecte nette de 4,7 milliards d’euros (Source : Fédération Française de l’Assurance). A l’inverse, la collecte sur les livrets bancaires réglementaires, type Livret A, a explosé. Pourtant, le tableau est loin d’être aussi sombre qu’il y paraît pour l’assurance vie. Fait notable, les supports en unités de compte (UC) ont en effet connu un très fort engouement de la part des Français ces derniers mois. Depuis le début de l’année, les versements sur les UC ont ainsi représenté 19 milliards d’euros, soit 35% des cotisations brutes totales (Source : Fédération Française de l’Assurance). Un pourcentage particulièrement élevé pour des supports qui, traditionnellement, ne dépassaient pas les 20% ou 25% des souscriptions du marché. Preuve donc que, malgré la chute des marchés financiers au mois de mars, source de potentielles moins-values sur de nombreuses UC, les Français ne se sont pas totalement détournés de ces placements plus risqués.

Diversification et surplus de rendement

Cette belle dynamique pour les UC est-elle partie pour durer ? Force est de constater que malgré la chute des marchés financiers du mois de mars, source de potentielles moins-values sur de nombreuses UC, les Français ne se sont pas totalement détournés de ces placements plus risqués. L’attitude des assureurs n’y est bien sûr pas étrangère. Depuis de longs mois, dans un contexte de très forte érosion des traditionnels fonds en euros, les compagnies d’assurances ont redoublé d’efforts et d’ingéniosité pour inciter les épargnants à s’orienter vers de ce type de supports. Certains assureurs vont même jusqu’à conditionner l’accès au fonds en euros à la souscription d’une proportion minimum d’UC.

La politique commerciale des assureurs ne saurait, toutefois, expliquer l’attrait des épargnants pour ces supports. Malgré le risque de perte en capital qu’elles comportent, ces unités de compte offrent à la fois de la diversification vers de nouvelles classes d’actifs et un surplus de rendement. Deux enjeux majeurs dans un contexte de taux d’intérêt obligataire historiquement bas qui vient grever, le rendement du traditionnel fonds en euros. Certains épargnants se sont d’ailleurs positionnés sur les UC pendant la crise du coronavirus pour, justement, être en capacité de profiter du rebond du marché boursier.

Stratégie d’investissement à long terme

La démarche est d’autant plus judicieuse qu’il est aujourd’hui clairement acquis qu’il n’est désormais plus possible de gérer l’intégralité de son patrimoine financier en investissant à 100% sur le fonds en euro garanti. Avec une inflation autour de 2% et un rendement net d’impôt de 1% pour le fonds en euro, l’équation mathématique et financière n’est clairement pas à l’avantage de l’épargnant. Panacher ses placements financiers est donc une condition sine qua non pour doper la rémunération de son contrat d’assurance vie. Sous réserve toutefois pour l’épargnant d’accepter une certaine prise de risque – et donc la volatilité des marchés financiers – et de s’inscrire dans une stratégie d’investissement à long terme. Investir dans les unités de compte exige donc d’être particulièrement bien accompagné et bien conseillé afin de bâtir une stratégie patrimoniale sur mesure et, in fine, de se tenir à cette stratégie.

Nouveaux supports

Contrairement au fonds en euros, les unités de compte présentent surtout une vertu essentielle : la possibilité de s’exposer à une large palette de classes d’actifs. Sur ce terrain, les assureurs rivalisent d’ailleurs d’innovation. Ces derniers mois, certains acteurs ont en effet dévoilé des supports en unités de compte orientés sur les actifs réels et les infrastructures. Une véritable révolution qui représente, sans nul doute, la seule et véritable alternative au fonds en euros. Ces nouvelles unités de compte permettent en effet de pouvoir investir sur du non coté et des infrastructures et, ainsi, de participer activement au financement de l’économie réelle. Dès lors qu’il est prêt à s’engager sur du long terme et, donc, de donner du temps à son argent, l’épargnant aurait tout intérêt à s’orienter vers ce type de supports qui allie diversification du patrimoine et rendement élevé.

Les épargnants seraient donc bien inspirés de faire évoluer leurs contrats pour bénéficier de ces nouvelles unités de compte. Les récentes règles sur la transférabilité de l’assurance vie offre justement à l’épargnant la possibilité de migrer les sommes placées dans leurs vieux contrats vers les produits les plus innovants de leur assureur. Une démarche qui a, en outre, l’avantage de permettre au souscripteur de conserver l’antériorité fiscale et tous les avantages de son ancien contrat.

Stratégie patrimoniale

Si la prudence doit donc rester de mise à l’heure de s’exposer aux marchés financiers, force est de constater que les unités de compte constituent aujourd’hui, et plus que jamais, l’avenir de l’assurance vie. Pour séduire un nombre croissant d’épargnants, il est toutefois impératif de mener un important travail de pédagogie sur les risques mais surtout sur les atouts des UC, un outil indispensable pour redonner une nouvelle jeunesse à son contrat d’assurance-vie. A cet égard, le rôle du conseil s’avère plus que jamais indispensable pour accompagner l’épargnant dans une stratégie patrimoniale de long terme.

Bertrand Tourmente

Le parcours de Bertrand Tourmente

Gérant fondateur, Althos Patrimoine

Diplômé de la Business School de Toulouse, Bertrand Tourmente est le gérant fondateur du cabinet de CGP Althos Patrimoine, créé en 2009. Althos Patrimoine est un cabinet totalement indépendant car détenu par ses salariés. Il accompagne au quotidien particuliers et chefs d'entreprises dans le pilotage de leur patrimoine personnel et professionnel, et leur offre des conseils en placements sur-mesure grâce à une équipe dédiée. Les différents pôles de compétences au sein du réseau d'experts d'Althos Patrimoine (notaires, experts comptables, avocats) permettent une approche à 360°. L'offre de gestion en architecture ouverte permet au cabinet de délivrer des conseils sur tout type d'investissements et sur tout type de support.

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