Aéroport de Nice : « nous appelons les particuliers à se mobiliser pour la privatisation »

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Brice Fogliami, président de l'Association de Défense et de Protection des Aéroports Français

Reuters

Vous avez lancé le site rachetonslaeroportdenice.fr. Pouvez-vous nous expliquer le but de cette démarche ?

Suite à l’annonce de la vente par l’Etat de 60% de l’aéroport de Nice, nous avons pensé que les citoyens et les usagers devaient être associés à l’opération. Nous avons alors créé l’Association de Défense et de Protection des Aéroports Français et mis en ligne une pétition sur le site www.aeroport-nice-participation-citoyenne.org dans le but de demander au ministre de l’Economie et des finances que soit inscrite au cahier des charges la possibilité d’une prise de participation citoyenne dans cette privatisation. L’objectif est aussi d’appeler les particuliers à se mobiliser pour cette privatisation au travers de promesses de souscription dans l’optique d’une opération de crowdfunding.

Quels sont les premiers résultats ?

Pour l’instant, la pétition a recueilli une centaine de signatures. C’est encore peu mais le site a été lancé juste avant les inondations dans le Sud-Est. Le moment n’était donc pas opportun pour sensibiliser le public. Concernant les souscriptions, nous attendons d’en savoir plus sur le cahier des charges pour avancer sur le projet. Toutefois, il est d’ores et déjà possible d’indiquer son intention sur notre site www.rachetonslaeroportdenice.fr.

Quelle plateforme avez-vous choisie pour cette opération ?

Nous avons déjà consulté deux structures mais nous n’en sommes qu’au stade des discussions. Avant d’aller plus loin, et de formaliser le cadre de l’opération, nous souhaitons nous assurer que le cahier des charges intègrera bien une éventuelle participation des particuliers. Car pour le moment, il est prévu de céder les 60% en bloc.

Avez-vous eu des contacts avec Wiseed qui nous a dit début septembre vouloir engager une opération de crowdfunding pour l’aéroport de Nice ?

Nous n’avons pas de contact avec Wiseed sur ce dossier actuellement. Mais la porte est ouverte car nous pensons que toutes les contributions sont bonnes à prendre. Ce n’est pas un projet que nous pouvons porter seul. Nous ne sommes pas une plateforme de crowdfunding. Nous formons une association dont le seul but est de favoriser les prises de participation du public dans une démarche citoyenne.

Sachant que les 60% de l’Etat sont estimés aux alentours du milliard d’euros, quels objectifs vous fixez-vous ?

Afin d’être crédibles et de pouvoir peser face aux pouvoirs publics, il nous faudra obtenir au minimum 20 millions d’euros d’engagements auprès des particuliers pour pouvoir enclencher une opération.

Cela ne représenterait toutefois qu’une part infime de la privatisation…

C’est certain, mais nous ne voyons en cet objectif d’un minimum de 20 millions d’euros qu’un point de départ.  Il nous permettrait de mettre en avant le soutien populaire pour passer à la seconde étape, c’est-à-dire l’appel aux entreprises et aux institutions. Grâce à nos réseaux personnels, nous avons des contacts avec des fonds d’investissement, des family offices, des établissements financiers et des entreprises susceptibles d’apporter des financements supplémentaires. Plus la mobilisation du public sera forte, plus nous aurons d’arguments pour convaincre ces acteurs.

Au vu de l’exemple toulousain, pensez-vous que l’Etat et les candidats à l’acquisition accepteront que des minoritaires soient présents au tour de table ?

A Toulouse, je pense que le temps a manqué à Wiseed pour pouvoir peser réellement dans la balance. Mais nous sommes convaincus qu’il serait néfaste pour l’Etat et l’acquéreur principal de ne pas écouter la vox populi et les acteurs économiques locaux.

Brice Fogliami

Le CV de Brice Fogliami

Président, ADPAF

Issu d’une formation de comptabilité/gestion, Brice Fogliami est créateur d’entreprises depuis l’âge de 20 ans. Passionné par l’univers du financement participatif, il développe actuellement un projet web en lien direct avec le crowdfunding et la communication sous la marque CrowdFundeurs. Il est aussi président de l’ADPAF.

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