Prime de risque : un critère d’analyse essentiel sur le marché des actions

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L’écart de rendement entre les actions et les taux sans risque constitue souvent un signal d’achat ou de vente sur les marchés. Explications…

Reuters

Est-ce le moment d’acheter ou de vendre ? Cette question hante traditionnellement les boursicoteurs. Pour y répondre, ils disposent de nombreux outils d’analyse, dont la prime de risque. Si cette dernière n’est pas l’indicateur le plus connu du grand public, elle est en revanche suivie de près par les professionnels.

Définition de la prime de risque

Il est fréquemment admis que plus un placement est risqué plus il doit rapporter. C’est de ce principe qu’est née la notion de prime de risque. Concrètement, elle correspond au surplus de rendement offert par un placement par rapport à un placement sans risque (autrement dit, elle mesure la rémunération du risque pris).

En France, il est d’usage de retenir l’OAT 10 ans comme référence de taux sans risque. Quand l’OAT sert 1%, un placement au rendement de 3% propose 2% de prime de risque. Actuellement, l’OAT offrant un rendement proche de 0, les calculs sont largement simplifiés. La prime de risque équivaut peu ou prou au rendement de l’actif.

Application aux actions

La prime de risque peut bien évidemment être appliquée aux actions. Les analystes se basent alors sur les dividendes attendus.

Supposons qu’une action valorisée 100 euros laisse espérer une distribution annuelle moyenne de 5 euros, soit 5% de rendement. Si le taux sans risque est de 1%, la prime est ici de 4%.

La même analyse peut être menée à l’échelle d’un marché. Et pour avoir une estimation du rendement sans analyser l’ensemble des dividendes, le calcul peut être effectué en prenant comme taux de rendement l’inverse du PER. Si le PER est de 18 et le taux sans risque de 1%, la prime de risque est de 4,55%.

Evolution de la prime de risque

Toute évolution du cours ou du taux sans risque fait nécessairement varier la prime de risque.

Reprenons notre exemple d’un groupe projetant 5 euros de dividende. Si son cours passe de 100 euros à 125 euros, son taux de distribution va chuter de 5% à 4% et sa prime de risque de 4% à 3% (si le taux sans risque est stable).

A l’inverse, si le cours chute à 80 euros, le rendement grimpera à 6,25% et la prime de risque à 5,25%.

Analyse de la prime de risque

Comme le montre l’exemple ci-dessus, un cours en hausse fait baisser la prime de risque et un cours en baisse la fait augmenter (à taux sans risque stables).

Autrement dit, des primes de risque en recul signifient que les investisseurs paient de plus en plus cher les actions (puisqu’ils réclament moins de surplus de rendement). On parle alors d’écrasement des primes de risque.

A l’inverse, des primes de risque en hausse indiquent que les actions sont meilleur marché qu’auparavant.

Pour les analystes financiers, des primes de risque au-delà d’un certain plafond peuvent donc être un signal d’achat et le franchissement d’un seuil à la baisse, un signal de vente.

Ces seuils et plafonds dépendent du marché regardé et sont déterminés par l’analyse de ses valeurs historiques. Il est également important de préciser que la chute des rendements d’états vers un taux nul (voire négatif) a mécaniquement fait augmenter les primes de risque et contraint les spécialistes à réajuster leurs références.

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