Taux bas : une mauvaise nouvelle pour l’épargne retraite

Retraite Analyse 0

Avec une perspective de taux durablement bas, les épargnants pourront de moins en moins compter sur le levier que constitue la capitalisation des intérêts. Il faudra donc s’adapter…

Reuters

Le passage en territoire négatif des taux des emprunts d’Etat français a bouleversé le monde la finance, d’autant que la situation de taux voisins de 0 pourrait durer selon certains spécialistes.

Pour les emprunteurs, cela constitue évidemment une excellente nouvelle (du moins à cour terme) dans la mesure où le coût des financements s’en trouve réduit.

Pour ceux qui ont une logique d’épargne, les choses sont bien différentes, notamment pour les personnes qui ont décidé de mettre de l’argent de côté en vue de leur retraite.

Le levier des intérêts

Lorsque les taux sont positifs, un épargnant capitalise les versements qu’il fait au fil de l’eau mais aussi les intérêts accumulés durant la phase d’épargne.

Prenons l’exemple d’une personne mettant de côté 2.400 euros par an (soit l’équivalent de 200 euros par mois). Au bout de 20 ans, elle aura fait un effort d’épargne de 48.000 euros et si son argent a été placé à 3%, elle aura aussi cumulé 18.424 euros d’intérêts. Ainsi, elle se retrouvera à la tête d’un capital de 66.424 euros.

Une mécanique grippée avec des taux bas

Avec des taux au plancher, la poche constituée par les intérêts sera nécessairement moins fournie. Sans aller jusqu’à un taux nul, imaginons que le placement soit fait au taux moyen de 1%.

Sur 20 ans, l’épargnant aura encore capitalisé 48.000 euros de versements mais ses intérêts ne s’élèveront qu’à 5.374 euros et le capital final se limitera à 53.374 euros.

Conséquences

Pour le même effort d’épargne, le fait d’avoir des taux durablement bas réduit donc le capital disponible à la sortie. Notre exemple montre que le simple fait de passer de 3% à 1% de rendement abaisse de 20% le capital final sur 20 ans.

Ceux qui compte piocher dans leur bas de laine à la retraite risquent ainsi d’avoir moins de disponibilités qu’espéré. Quant à ceux qui envisagent de convertir leur capital en rente, ils auront une rente de départ plus faible.

Bien entendu, si dans le même temps l’inflation est nulle, le pouvoir d’achat du capital constitué sera préservé. En revanche, si les rendements peinent à égaler l’inflation, l’impact des taux bas se fera plus durement ressentir.

Quelles solutions ?

Si la faiblesse des taux se confirme, les épargnants devront s’adapter. Ceux qui veulent à tout prix assurer leur train de vie à la retraite pourront par exemple s’orienter vers des supports plus offensifs pour tenter de gagner quelques points de rendements (mais avec le risque de subir des pertes en capital).

Ceux qui veulent atteindre leur objectif d’épargne sans pour autant prendre plus de risque n’auront d’autre choix que d’accroître leur effort d’épargne mensuel ou annuel.

Enfin, ceux qui ne souhaitent pas prendre de risque et qui n’ont pas la possibilité d’épargner plus devront se résoudre à avoir un moindre capital ou une moindre rente une fois arrivés à la retraite.

Commentaires