Réforme des retraites : rendez-vous en 2022 (ou après…)

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Le président de la République a annoncé que la réforme des retraites serait reportée en 2022. La situation sanitaire reste critique. Le contexte politique aussi.

Reuters

En dehors de l’exigence de la 3e dose de vaccin anti-Covid pour les seniors, l’allocution présidentielle du mardi 9 novembre n’a pas réservé de grandes annonces. L’occasion toutefois pour Emmanuel Macron de revenir sur quelques sujets "connexes", dont le serpent de mer de la réforme des retraites.

Et sans grande surprise, il a déclaré que les conditions n’étaient toujours pas réunies pour relancer le chantier « aujourd’hui ». Des conditions liées à la crise sanitaire, « qui est en train de se dégrader partout en Europe », a souligné le président de la République, alors qu’une cinquième vague du coronavirus se dessine sur le Vieux Continent.

Une réforme reportée au prochain quinquennat

Dans un contexte politique tendu – où les sondages augurent d’une forte représentation des voix populistes à l’élection présidentielle et où la question du pouvoir d’achat s’est imposée comme le sujet prioritaire dans l’opinion, peu de stratèges pariaient sur le retour de ce dossier socialement explosif avant la fin de son quinquennat.

Ménageant les risques d’une campagne sous haute tension, le président de la République compte donc sur sa réélection prochaine pour reprendre ce qui restera comme le principal échec de sa mandature, et donne rendez-vous aux Français « dès 2022 ».

Comme au mois de juillet, où il avait défendu une conception « paramétrique et systémique » de la réforme, le locataire de l’Elysée a répété hier soir qu’il faudrait « prendre des décisions claires » pour « préserver les pensions de nos retraités et la solidarité entre nos générations ».

Trois volets principaux

A savoir : « travailler plus longtemps en repoussant l'âge légal, aller vers un système plus juste en supprimant les régimes spéciaux, en harmonisant les règles entre public et privé et en faisant en sorte qu'au terme d'une carrière complète, aucune pension ne puisse être inférieure à 1.000 euros », trois piliers que le président avait déjà présentés en juillet, et qu’il vient donc d’acter comme la colonne vertébrale du volet retraite de son discours de campagne : un volet social – avec les minimas de retraite – un autre plutôt consensuel – qui est de simplifier le système pour le rendre plus juste – et un troisième à droite – relatif au report de l’âge légal de la retraite.

Sur ce dernier point, on peut gager que le président penche davantage pour la mise en place d’une sorte d’"âge-pivot", dispositif proposé par Jean-Paul Delevoy, ex-commissaire à la réforme des retraites, dans son rapport de 2019, mais dans sa version "bonus".

A la différence de l’âge "légal", "l’âge-pivot" est un dispositif qui propose un âge de référence pour toucher sa retraite à taux plein, mais qui permet aussi de partir plus tôt, moyennant une décote, ou plus tard, avec une surcote.

Travailler plus longtemps

Face aux Français mardi soir, Emmanuel Macron a repris en quelque sorte cette idée, mais en laissant de côté la décote, qui s’accorde mal, dans l’esprit, avec la défense d’une retraite minimale. Il a ainsi évoqué la possibilité de « partir en retraite progressivement, d'accumuler des droits plus rapidement pour celles et ceux qui le souhaitent » et « d'encourager le travail au-delà de l'âge légal aussi pour celles et ceux qui en ont envie ».

En somme, plus de souplesse et d’incitation pour cotiser au-delà de l’âge légal. Car pour l'heure, hors de question de toucher au niveau des cotisations, mais il faut bien trouver une solution pour renflouer les caisses et financer la "retraite à mille euros".

Le menu de la réforme des retraites version post-crise est donné. Pour relancer ce chantier, Emmanuel Macron, qui n'a pas encore pris la peine de se déclarer candidat, devra toutefois d'abord s'assurer de sa réélection.

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