Placements : le rendement ne fait pas tout

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La recherche de la meilleure performance brute n’est pas toujours la meilleure stratégie à adopter dans une optique de moyen-long terme. Explications…

Reuters

En matière de gestion de patrimoine, nombre d’épargnants se focalisent sur les rendements affichés. Il est vrai qu’à première vue, mieux vaut avoir un produit servant 5% par an plutôt qu’un produit offrant 4%. En 10 ans, la performance sera de 62,9% dans le premier cas contre 48% dans le second.

Pourtant, le rendement brut ne fait pas tout. Autrement dit, le plus haut rendement brut n’est pas toujours la meilleure solution ou du moins la solution la mieux adaptée aux besoins de l’épargnant.

Sécurité

Le premier élément à intégrer dans la réflexion concerne la sécurité. A priori, un rendement élevé est synonyme de risque accru. Or, dans certaines situations, la garantie du capital engagée est essentielle. Ainsi, une personne voulant se constituer un capital pour la retraite pourra avoir intérêt à choisir un placement moins dynamique mais plus sûr (surtout si l’échéance est proche). Elle perdra peut-être en performance pure mais gagnera en sérénité.

Liquidité

La disponibilité du capital est un autre critère important. Imaginons un épargnant visant un placement à 5 ans. Il a le choix entre des parts de SCPI à capital fixe au rendement actuel de 5% et des actions cotées au potentiel estimé à 3,5%. Les parts de SCPI sont à l’évidence plus intéressante, malgré leur faible liquidité. L’horizon de placement laissera le temps de revendre les parts le moment venu. En revanche, si cet épargnant n’exclut pas de devoir un jour sortir rapidement, il risque de se retrouver bloqué avec des parts de SCPI (beaucoup moins liquides que des actions cotées ou qu’un dépôt bancaire).

Fiscalité

Le rendement brut est une chose. Le rendement net en est une autre. La fiscalité peut en effet avoir un impact important sur la performance réelle. Prenons le cas d’un placement de 50.000 euros capitalisant 5% par sur 10 ans. Si ce placement est soumis au PFU à 30% à la sortie, l’épargnant obtiendra à terme 81.445 euros bruts mais seulement 72.011 euros nets.

En choisissant un produit insérable dans un contrat d’assurance-vie, cet épargnant bénéficiera d’une fiscalité plus favorable à la sortie et pourra se contenter d’un rendement annuel de 4,4% pour obtenir autant (et même légèrement plus) en net au bout de 10 ans.

Transmission

Enfin, il ne faut pas oublier l’utilisation que l’épargnant pense faire de son placement. Reprenons notre exemple d’un placement de 50.000 euros ayant généré 5% de gains sur 10 ans. A terme, le capital brut sera de 81.445 euros. Si ce capital est transmis à un enfant qui a déjà consommé son abattement de 100.000 euros, cet enfant recevra 66.962 euros nets de droits.

En plaçant, ce capital de 50.000 euros dans un contrat d’assurance-vie ne servant que 4% par an, le capital brut au bout de 10 ans sera plus faible (74.012 euros). Mais la transmission profitant alors d’un cadre fiscal avantageux, l’enfant recevra en net 69.882 euros, soit près de 3.000 euros de plus.

En résumé

Si le rendement de ses placements n’est bien évidemment pas à négliger, ces quelques exemples montrent que la performance économique brute ne doit pas aveugler l’épargnant. Pour répondre efficacement aux besoins et aux objectifs de l’épargnant, la stratégie patrimoniale doit aussi prendre en compte d’autres critères comme la sécurité, la liquidité, la fiscalité, le mode de détention ou encore les perspectives de transmission (notamment au regard des règles fiscales et de droit civil).

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