Livret A et LDDS : la hausse du taux de rémunération penche désormais vers 3,30%

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Avec un peu moins d'inflation que prévu en décembre, le taux du Livret d’épargne populaire (LEP) devrait quant à lui passer à 6,1% à partir de février.

Boursier.com

Les chiffres préliminaires de l’inflation en France pour le mois de décembre sont finalement ressortis nettement inférieurs aux projections de l’Insee avec une évolution des prix de 5,9% sur un an. En attendant la lecture définitive de l’inflation de décembre vendredi prochain (13 janvier), cela change très légèrement nos précédents calculs concernant le prochain taux d’intérêt théorique du Livret A, du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et celui du Livret d’épargne populaire (LEP). Ces nouveaux taux de rémunération seront officiellement annoncés en fin de semaine avant d’être appliqués à partir du 1er février 2023.

La formule de calcul du taux de rémunération du Livret A et du LDDS correspond en effet à la moyenne semestrielle du taux d’inflation (hors tabac) des six derniers mois et des taux interbancaires à court terme de la zone Euro (€STR), avec un arrondi calculé au dixième de point le plus proche. Le LEP est quant à lui rémunéré à hauteur de l’inflation.

D’après nos nouvelles projections, la moyenne de l’inflation hors tabac entre juillet et décembre 2022 ressort désormais à 6,1% après arrondi contre 6,2% précédemment. La moyenne des taux interbancaires à court terme de la zone Euro (€STR) reste la même est ces deux composantes permettent au final d’aboutir à un taux de rémunération théorique, non plus de 4,40%, mais de 4,30% pour le Livret A et le LDDS. Pour le LEP, on arrive donc à 6,1% au lieu de 6,2%.

Choix politique

Les dernières évolutions économiques, un peu moins d’inflation mais des taux courts plus élevés, se neutralisent toujours pour aboutir quasiment à la même estimation que nous avions déjà réalisée cet été. 3,30% constitue donc le prochain taux de rémunération théorique du Livret A et du LDDS (contre 2% aujourd'hui) et le résultat de ce calcul sera transmis par la Banque de France au gouvernement, sachant qu’un geste exceptionnel supplémentaire reste toujours possible mais très improbable dans les conditions actuelles.

L’inverse est également envisageable, c’est-à-dire une modération du taux théorique : cela consisterait surtout dans le cas présent à alléger le coût prévisionnel pour les établissements bancaires. Les banques ne supportent cependant qu’une partie de la charge des intérêts du Livret A, c’est-à-dire à hauteur des fonds qu’elles centralisent, la Caisse des dépôts en prenant la majorité à sa charge (59,5% du total).

Pour la forme, c'est précisément le gouverneur de la Banque de France qui peut proposer au gouvernement de déroger au taux théorique sachant que l'exécutif garde la main sur la décision finale.

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