Livret A : 200 ans et tous ses épargnants

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Lancé le 22 mai 1818, le Livret A s’est imposé comme un produit incontournable de l’épargne française. Tour d’horizon de ce qu’il représente

Boursier.com

22 mai 1818. Il y a 200 ans naissait le Livret A. Lancé sous le nom de « livret d’épargne », il avait pour but de drainer l’épargne des Français, l’économie du pays ayant été affectée par les guerres napoléoniennes.

Désormais chargé de financer le logement social, le Livret A s’est imposé dans les foyers français comme un support d’épargne incontournable.

Une distribution quasi-généralisée

Aujourd’hui, la totalité ou presque des établissements bancaires propose le Livret A. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Avant le 1er janvier 2009, la Banque Postale, les Caisses d’Epargne et le Crédit Mutuel avaient l’exclusivité de sa distribution.

Un taux de détention de 83,6%

Fin 2016, la France comptait 55,8 millions de livrets aux mains de personnes physiques, soit un taux de détention de 83,4%, selon l’Observatoire de l’épargne réglementée.

Le taux d’équipement a même été plus élevé les années précédentes. Il était par exemple de 91,7% en 2015 (61,1 millions de livrets). De fait, la chasse à la multi-détention est devenue plus stricte car, rappelons le, un épargnant ne peut avoir qu’un Livret A.

Des encours à un niveau record

A la fin du mois de mars 2018, les encours du Livret A atteignaient 278,1 milliards d’euros. Un record.

En 10 ans seulement, les encours du Livret A ont été multipliés par 2.

Une fiscalité avantageuse

Le Livret A est l’un des rares produits d’épargne à ne supporter aucune fiscalité. Les intérêts servis sont nets d’impôt et de prélèvements sociaux. Il bénéficie sur ce plan d’un avantage considérable. A titre de comparaison, les intérêts des livrets ordinaires proposés par les banques sont taxés à hauteur de 30%.

Régulièrement des projets de taxation du Livret A font d’ailleurs surface. Mais soumettre le Livret A à l’impôt représenterait un risque politique évident.

Un placement vraiment populaire ?

Le Livret A a traditionnellement l’image d’un support populaire. Le nombre de livrets ouverts le prouve.

Mais il est aussi apprécié des foyers aisés, même si les versements sont limités à 22.950 euros. Fin 2016, 4,2% des Livrets A (soit 2,3 millions de livrets) dépassaient ce plafond, grâce à la capitalisation des intérêts.

Les livrets ayant plus de 15.300 euros étaient quant à eux au nombre de 6,9 millions (12,4% du total). A eux seuls, ces livrets représentaient 58,5% des encours.

Un taux qui a souvent fait débat

La question du taux du Livret A est un sujet sensible. Pour mettre fin aux décisions « politiques », des formules de calcul automatiques ont été mises en place (sur la base des taux de marché et de l’inflation).

Pour autant, Bercy a continué de déroger à la règle de manière régulière. Par le passé, cela a permis aux épargnants d’obtenir plus qu’avec la formule. Désormais, c’est le contraire, le gouvernement n’ayant pas souhaité alourdir les coûts de financement du logement social.

Un plancher historique

Comme l’a décidé le gouvernement, le taux du Livret A restera à 0,75% au moins jusqu’à la fin janvier 2020, ce qui a provoqué la grogne de nombreux épargnants.

Jamais en effet depuis 200 ans, le taux du Livret A n’a été aussi bas. Fixée à 5% il y a 200 ans, la rémunération du Livret A a ensuite régulièrement fluctué jusqu’à atteindre un sommet de 8,5% à la fin de l’année 1981.

Il est néanmoins important de souligner qu’à l’époque l’inflation était galopante (plus de 13% au début des années 1980). En dépit de taux élevés, le Livret A était donc loin de protéger le capital de l’inflation.

Ainsi, contrairement aux idées reçues, le rendement réel du Livret A inflation déduite a été bien meilleur depuis 2010 (+0,34% en moyenne) qu’au cours des années 1980 (-1,03% en moyenne) ou qu’au cours des années 1970 (-3,11% en moyenne).

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