Investissement forestier : un placement rentable et défiscalisé

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Depuis 5 ans, les prix moyen à l’hectare ont augmenté de 24%. De surcroît, les coupes de bois sont exonérées d’impôts et l’investissement bénéficie d’allègements au titre de l’ISF

« Face à l’absence de visibilité en Bourse, le bois fait depuis quelques années office de valeur refuge ». Agent Immobilier spécialisé dans l’investissement forestier, Jean-Philippe Roux se montre confiant. Il est vrai qu’il a aujourd’hui de quoi s’occuper. En 2012, le nombre de transactions dans le secteur a de nouveau augmenté, atteignant 14.430 opérations (+2,2% en un an). Rien que dans son agence, Forêt Investissement, Jean-Philippe Roux dénombre 500 clients à la recherche de forêts... pour un portefeuille de 50 biens à vendre.

Certes, les prix se sont tassés en 2012. Selon le baromètre de la Société forestière (filiale de la CDC), le prix moyen à l’hectare a reculé de 1,5% à 3.930 euros. Mais cette stabilisation a fait suite à deux années de fortes hausses. Il faut d’ailleurs noter que depuis 2007, en pleine crise, les prix ont gagné 24%, c’est-à-dire en moyenne 4,4% par an.

Un placement plaisir

Pourquoi un tel engouement pour la forêt ? Outre le penchant actuel de nombreux investisseurs pour les actifs tangibles, Jean-Philippe Roux met en avant la dimension plaisir. « Les acquéreurs ne font pas uniquement un investissement. Ils symbolisent aussi leur attachement à la terre. Beaucoup y voient un moyen de s’offrir un domaine dans lequel ils pourront se promener ou chasser », explique-t-il.

Il n’empêche que l’argument de la rentabilité conjugué à un statut fiscal avantageux n’est pas non plus absent. « Concernant l’ISF, l’investissement est défiscalisé aux trois quarts. Les transmissions bénéficient en outre d’un taux réduit. Quant aux coupes, elles sont tout simplement exonérées », poursuit l’agent.

Des rendements qui peuvent dépasser les 8%

Les coupes constituent en effet un autre gros avantage de la forêt. Inutile d’attendre la revente du bien pour en percevoir les fruits. Des coupes régulières, dites d’éclaircie, sont envisageables. Si elles sont faites en tenant compte du rythme de croissance des arbres, le capital n’est alors pas entamé et ces coupes peuvent se comparer à des intérêts. « Le rendement est lié à la croissance des arbres. Sur du chêne on va obtenir 1,5% à 3% par an. Mais avec des pins Douglas il est possible de monter à plus de 8%. Bien entendu nets d’impôts », précise Jean-Philippe Roux. Précision utile : nul besoin de se transformer en bucheron pour ces coupes d’éclaircie ; le bois est vendu sur pied.

N’est-il pas toutefois trop tard pour céder à l’appel de la forêt ? Chez Forêt Investissement, on estime que les prix restent bas malgré la hausse des dernières années, comparés à ceux des terres agricoles. Il est vrai que retraité de l’inflation, les prix demeurent en-deçà des niveaux atteints au début des années 1980.

Des écarts de prix importants

Comme tout investissement direct, la forêt nécessite cependant de prendre des précautions et de se documenter. Généralement, le terrain compte pour le quart de la valeur et le bois pour le reste. Les prix varient donc selon le peuplement et le cubage de bois représenté, avec de forts écarts à la clé.

Le candidat devra aussi regarder sous quel statut s’engager : en direct ou en groupement forestier. Pouvant être vu comme un équivalent de SCI pour la forêt, ce dernier facilite le co-investissement tout en offrant les mêmes avantages que l’investissement en direct.

Des risques à intégrer

Enfin, l’acquisition forestière comporte bien entendu des risques : tempêtes, incendies dans certaines régions et même insectes. « L’entretien est important sur les 12 premières années d’une plantation, pour le dégagement et la protection contre le gibier », explique notamment Jean-Philippe Roux.

L’assurance est d’ailleurs pour beaucoup de propriétaires le vrai dilemme. Sans assurance, le risque de dévalorisation du patrimoine peut être élevé. Avec une assurance, le risque diminue mais au prix de primes parfois importantes d’autant que tous les types de sinistres ne sont pas couverts.

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