Inflation 0 : une bonne nouvelle pour les épargnants ?

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Le gouvernement prévoit désormais une inflation nulle en 2015. De quoi compenser pour les épargnants des rendements toujours au plancher. Mais l’absence d’inflation peut devenir préjudiciable si elle perdure

Reuters

La révision est pour le moins spectaculaire. Le gouvernement vient en effet de revoir à la baisse sa projection d’inflation pour 2015, de 0,9% à 0%. Cela n’aidera évidemment pas l’exécutif à réaliser les économies envisagées.

En revanche, à court terme, l’absence d’inflation devrait être bénéfique aux épargnants. Le rendement réel d’un placement dépend de fait du taux facial et de l’inflation. Une somme placée pendant 1 an à 3% sera par exemple revalorisée réellement de 1% si l’inflation dans le même temps est de 2%. C’est ce qu’on appelle le taux réel. On peut le calculer de manière rapide (et approximative) en faisant la différence entre le taux facial et l’inflation.

Si l’inflation est bien de 0% en 2015, les calculs seront donc simples. Le taux réel correspondra exactement au taux facial des placements. Ainsi, on peut dire que les épargnants gagneront plus avec 0% d’inflation qu’avec 0,9%.

Livret A

Sans inflation en 2015, le Livret A pourrait notamment rapporter réellement 1% sur l’année (sauf nouvel abaissement du taux cet été). C’est apparemment peu. Mais il faut rappeler que le Livret n’a plus atteint ce niveau depuis 2009, en dépit d’un taux facial plus élevé au cours des dernières années. En 2012 par exemple, le Livret a servi en moyenne 2,25%. Mais ce rendement a été en grande partie absorbé par une inflation de 1,95%.

2015 pourrait donc être une année honorable pour le Livret. Son rendement net d’inflation devrait en tout cas être bien meilleur que la moyenne des 10 dernières années, de 0,7%.

Assurance-vie

L’assurance-vie en euros pourrait également tirer profit de l’absence d’inflation. Déjà en 2014, elle a dégagé un rendement réel moyen de 2% (2,5% de rendement moins 0,5% d’inflation). Un  record depuis 2009. Il suffira donc aux fonds en euros de servir 2% cette année pour égaler la performance.

Des risques à moyen terme

Si à court terme, un recul de l’inflation ou une baisse des prix peuvent avoir des effets positifs sur le pouvoir d’achat de l’épargne, la situation est difficilement tenable à plus longue échéance. L’économie s’expose en effet à l’entrée dans une spirale déflationniste ou du moins à une stagnation, à même d’affecter la situation des entreprises et des ménages.

Pour l’épargnant, le risque est alors de subir une chute des rendements offerts ainsi qu’une dégradation de la sécurité des placements.

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