Epargne : les Français ne sont pas plus frileux que par le passé

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Espèces, comptes courants et placements bancaires de court terme représentent 30% de leurs avoirs financiers. Un chiffre qui a baissé au cours des 20 dernières années.

Creative Commons / Ken Teegardin

Plus de 550 milliards d’euros en espèces et sur des comptes courants… Plus de 400 milliards d’euros sur les Livrets A et les LDDS… Les Français semblent faire preuve d’une très grande prudence à l’heure actuelle. Il est vrai que les statistiques battent régulièrement des records qu’il s’agisse de l’encours du Livret A ou des dépôts à vue.

Un patrimoine financier en hausse

Pour autant, les Français sont-ils réellement en train de remplir leurs bas de laine au détriment des autres placements financiers ? En valeur absolu, la progression des supports sans risque au cours des dernières années est indéniable. Depuis le début de la décennie, l’encours cumulé du Livret A et du LDDS a bondi de 57%, tandis que les détentions sous forme d’espèces ou via des comptes courants ont enflé de 62%.

Pour mesurer le degré de frilosité des épargnants, il convient toutefois de rapporter ces données à l’ensemble du patrimoine financier des Français. Car dans le même temps, ce patrimoine a lui aussi progressé. De 3.540 milliards d’euros à l’aube des années 2010, il est passé à quelque 5.120 milliards d’euros à la fin de l’année dernière selon la Banque de France.

Un peu plus d’espèces et de comptes courants

Aujourd’hui, les dépôts à vue et le numéraire représentent 10,8% des placements financiers des ménages. La proportion est certes un peu plus élevée qu’au début des années 2010 (9,6%) ou qu’à la veille de la dernière crise financière (8,8% en 2007). Une première conclusion amène donc à penser qu’en périodes troubles, les Français tendent à conserver leur épargne sous forme liquide. Le pic de 12,4% atteint par les dépôts à vue et les espèces en 1995 va d’ailleurs dans ce sens.

Moins de supports bancaires à court terme

Ce premier constat est toutefois à nuancer. De fait, l’épargne de précaution ne se limite pas aux comptes courants et aux espèces. Elle intègre aussi certains supports bancaires sécurisés et mobilisables en cas de coup dur. C’est le cas des livrets ordinaires, des Livrets A ou des LDDS. Or, il apparaît que ces supports souples et rémunérés séduisent moins qu’avant. Ils représentent aujourd’hui 19% des placements financiers alors que leur poids a fluctué entre 20% et 29% depuis 1995.

30% d’épargne de précaution

L’ensemble des placements de précaution capte donc actuellement 30% de l’épargne financière des Français. Cette part peut être considérée comme importante. Ceci étant, elle n’a guère été plus basse par le passé. Le plus faible niveau a été atteint en 2007… avec 29%. En revanche, jusqu'au milieu des années 2000, elle a fréquemment dépassé les 35%, grimpant même jusqu’à près de 42% en 1995.

Au vu de ces chiffres, et malgré un goût certain pour les liquidités, les épargnants n’apparaissent donc pas plus frileux qu’au cours des 20 dernières années. Les données de la Banque de France prouvent que les Français ne se ruent pas vers les placements sans risque et immédiatement disponibles, du moins pas plus qu’avant.

Commentaires (1)
  • pcurie
    pcurieposté le 26.04.2019 à 10:16

    30% ! ça reste totalement énorme pour une épargne dite de 'précaution'

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