Epargne : la notion de taux réel sera primordiale en 2019

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Attendue à 1,3%, l’inflation promet de rester soutenue cette année. D’où l’importance de la prendre en compte dans ses perspectives de placement.

Reuters

Les épargnants ont pu être surpris par le retour de l’inflation en 2018. Il faut dire qu’après des années de hausse modérée (voire de quasi-stagnation) des prix, le bond en avant a été net l’an passé : +1,6%. Ainsi, peu de supports ont été en mesure de contrer les effets de l’érosion monétaire. Même le marché de l’assurance-vie en euros pourrait être passé dans le rouge.

En 2019, l’inflation devrait être un peu moins soutenue. Attendue à 1,3% par le gouvernement, elle restera malgré tout bel et bien présente. La notion de taux réel sera donc essentielle pour les épargnants, bien plus en tout cas qu’au cours des années durant lesquelles l’inflation était inexistante (2015, 2016).

Qu’est-ce que le taux réel ?

Le taux réel d’un placement correspond au taux nominal corrigé de l’inflation. Il permet de vérifier en un coup d’œil si le capital a gagné ou perdu en pouvoir d’achat au cours de la période étudiée.

Lorsque l’inflation est faible, le taux réel peut être estimé rapidement en faisant une simple soustraction. Avec une inflation de 1%, un placement rapportant 1,5% affiche par exemple un taux réel de +0,5%. Si l’inflation est de 2%, son taux réel est en revanche de -0,5%.

Taux réel négatif

Un taux réel négatif signifie que le capital perd en pouvoir d’achat au fil du temps. C’est notamment ce qui risque d’arriver cette année avec le Livret A.

Son taux de 0,75% demeurera bien inférieur à l’inflation. Ainsi, en termes de pouvoir d’achat, un capital placé sur un Livret A aura moins de valeur en décembre 2019 qu’en janvier 2019.

Quels objectifs pour 2019 ?

Pour être véritablement gagnant en 2019, il ne suffira donc pas d’avoir des rendements en hausse par rapport à 2018. Il faudra également que les placements visés affichent des performances supérieures à l’inflation, donc un taux réel positif.

Précisons de surcroît que le taux réel doit être déterminé à partir de rendements nets de fiscalité. C’est en effet le rendement net qui vient accroître le capital de l’épargnant et non le rendement brut.

Pour l’assurance-vie en euros, il convient par exemple intégrer les prélèvements sociaux (17,2%), payés à la source. Autrement dit, en 2019, le taux réel d’un fonds en euros ne sera positif que si le fonds sert au minimum 1,57% brut.

Pour les placements intégralement fiscalisés (livrets ordinaires, comptes à terme…), il faudra viser un peu plus haut. En prenant une imposition au PFU (30%), le capital ne sera pas protégé de l’inflation en dessous de 1,86% bruts. Inutile de dire qu’il sera difficile, voire impossible, de trouver un livret offrant une telle rémunération.

En d’autres termes, il sera compliqué de protéger son capital de l’inflation sans prendre un minimum de risque…

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