Blocage de l’épargne : attention aux idées reçues

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Les épargnants hésitent parfois à s’engager sur certains supports redoutant un blocage de leurs fonds. Pourtant il est presque toujours possible de récupérer son argent. Explications.

Creative Commons / Ken Teegardin

De nombreux supports d’épargne ont la réputation de bloquer l’argent investi. C’est par exemple le cas de l’assurance-vie ou du PEL. Dans la réalité, il s’agit néanmoins d’une idée reçue bien souvent infondée. Tour d’horizon selon les supports.

Assurance-vie

L’assurance-vie devient certes intéressante au-delà de 8 ans sur le plan fiscal. De surcroît, investir à moyen terme permet de mieux amortir les frais d’entrée et de lisser ses performances en cas de recours aux unités de compte (plus risquées).

Ceci étant, l’assuré peut bien évidemment retirer son argent à tout moment (avec la garantie du capital investi sur les fonds en euros). Le seul inconvénient est alors que la fiscalité risque d’être plus lourde. Apportons néanmoins un bémol à cette analyse puisque depuis la loi Sapin II, le HCSF peut bloquer temporairement les rachats en cas de turbulences.

PEL

Peut-on retirer l’argent placé sur un PEL à tout moment ? Oui, mais les conditions peuvent alors être revues. Si le retrait a lieu avant 4 ans, le plan est automatiquement clôturé. Entre 2 et 4 ans, les droits à prêts sont diminués voire supprimés. Enfin avant les 2 ans du plan, tout retrait entraîne un calcul des intérêts au taux moins avantageux du CEL (0,5% actuellement).

Comptes à terme

Pour les comptes à terme, le principe est un peu le même. En échange de son engagement sur une durée de placement (1 an, 2 ans…), l’épargnant s’assure (en théorie) une rémunération plus attractive. Il peut retirer ses fonds plus tôt que prévu, mais il s’expose alors à des pénalités qui se traduisent par la perte totale ou partielle des intérêts.

SCPI

Très en vue en raison de leurs performances attractives, les SCPI ne sont pas réputées pour leur liquidité. Il est d’ailleurs préférable de s’inscrire dans la durée. Pour autant, il est là aussi possible de sortir plus tôt que prévu.

Si la SCPI est à capital variable, les parts peuvent être revendues directement à la société (pour leur valeur moins les frais).

Si elle est à capital fixe, il faut en revanche trouver un acquéreur. Rien d’impossible d’autant que les sociétés de gestion sont tenues d’organiser un marché secondaire, mais les délais peuvent être longs.

Fonds à formule

Le fonds à formule est aussi vu comme un investissement engageant l’épargnant dans la durée. Les plaquettes et les conseillers sont d’ailleurs tenus de bien détailler les horizons d’investissement à respecter pour bénéficier des gains potentiels ou des garanties offertes.

Il est malgré tout envisageable de se retirer en dehors des dates programmées. Mais l’épargnant ne peut alors plus prétendre aux garanties contractuelles.

Non coté

Que l’investissement soit en direct ou via des fonds, il est généralement possible de le solder avant le terme envisagé. Dans la pratique, cela peut cependant être compliqué car il faut nécessairement trouver un acquéreur pour prendre la suite.

Il y a donc ici un vrai risque de liquidité. C’est d’ailleurs ce risque, associé au risque de défaillance, qui justifie les rendements souvent généreux de ces investissements.

Précisons également que l’aspect fiscal est un handicap. Si l’investisseur a bénéficié des dispositifs IR-PME ou ISF-PME à l’entrée, il peut perdre son avantage fiscal en cas de sortie rapide. Et les investisseurs ne se bousculeront pas pour prendre le relais sans bénéficier de leur côté d’une carotte fiscale.

En résumé

Hormis dans le non coté, où il peut être difficile de sortir quand on le souhaite (notamment via des fonds), l’épargne investie est rarement bloquée. L’argent demeure la plupart du temps disponible. Mais en cas de retrait prématuré, l’épargnant risque évidemment d’y « laisser des plumes », soit en termes de rendement, soit en termes de garantie du capital, soit en termes d’avantage fiscal. Les délais d’exécution sont aussi à prendre en compte en cas d’urgence. La procédure de sortie d’une assurance-vie ou d’une SCPI nécessite plus de temps qu’un retrait effectué depuis un livret bancaire.

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