Assurance-vie : quels rendements attendre des contrats "euro-croissance" ?

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Selon nos calculs, ils devraient permettre de dégager entre 0,3% et 0,9% de rendement de plus que les contrats en euros... avec en contrepartie une garantie uniquement au bout de 8 ans

Reuters

La sécurité des contrats en euros, la performance en plus ! Telle est la promesse des  contrats « euro-croissance » dont le fonctionnement vient d'être précisé par décret. Investis en partie sur des actifs dits à risque, ils devraient en effet offrir un rendement supérieur à celui des fonds en euros. Mais à quoi faut-il s’attendre exactement ?

L’Argent & vous a décidé d’en décrypter le fonctionnement. Contrairement aux fonds en euros, les euro-croissance n’offriront une garantie qu’au bout de 8 ans (au plus tôt). Et c’est là une nuance qui change tout. Avec un contrat en euros, l’assureur doit en effet s’assurer de pouvoir rembourser le souscripteur à tout moment. D’où la nécessité d’investir sur des supports sans risque.

Une poche dédiée aux actifs à risque

Avec l’euro-croissance, l’assureur devra simplement être certain de pouvoir restituer le capital en bout de course. Pour cela, il n’aura donc besoin de sécuriser qu’une partie des fonds.

Imaginons que l’assureur soit certain de pouvoir servir 2,5% par an sans risque (soit le rendement actuel des fonds en euros). Sur 100 euros confiés par un épargnant, il ne lui faudra alors sécuriser que 82 euros. Car au bout de 8 ans, ces 82 euros placés sans risque aboutiront à un montant de 100 euros (hors frais). Soit le capital garanti.

L’assureur pourra dans ces conditions investir les 18 euros restants de manière plus offensive. En supposant qu’il trouve des placements à 5%, ces 18 euros donneront à terme 26,60 euros. Au total, les 100 euros placés constitueront donc un capital de 126,60 euros après 8 ans. Soit un rendement annuel moyen de 3%. Par rapport à un placement en assurance-vie à 2,5% (notre hypothèse de rendement plancher), le surplus sera donc de 0,5%.

Un surplus de 0,3% à 0,9%

Ce n’est bien évidemment là qu’un exemple. En retenant des hypothèses raisonnables (2% à 2,5% pour les fonds en euros et 4% à 7% pour la poche d’actifs risqués), nos calculs montrent que les contrats euro-croissance pourraient offrir en moyenne chaque année entre 0,3% et 0,9% de plus que les contrats en euros (voir tableau). Notons cependant que les contrats « euro-croissance » risquent aussi de servir moins que des fonds en euros en cas de contre-performances sur la poche d’actifs risqués.

De par leur nature et l’état actuel des marchés, les contrats euro-croissance ne peuvent donc laisser espérer de miracles. Certes, la poche d’actifs risqués aura un effet de levier. Reste à savoir si le surcroît de rendement espéré (0,6% sur un point moyen) justifiera aux yeux des épargnants d’abandonner la garantie permanente sur le capital.

Simulation du surplus de rendement du contrat euro-croissance
Source : Estimations L'Argent & Vous
Performance annuelle de la poche d'actifs risqués
4%5%6%7%
Fonds en euros à 2%+0,31%+0,48%+0,66%+0,85%
Fonds en euros à 2,25%+0,30%+0,48%+0,68%+0,89%
Fonds en euros à 2,5%+0,28%+0,48%+0,69%+0,91%
lecture: avec des fonds en euros à 2,5% et une poche d'actifs risqués rapportant 5%, le contrat euro-croissance offrira un rendement supérieur de 0,48% à celui d'un contrat en euros
Commentaires (2)
  • chris97sxm
    chris97sxmposté le 30.10.2013 à 15:26

    Le rendement du fonds euro-croissance supérieur au fonds euro sur 8 ans ??? Prenons un exemple pour prouver le contraire : Imaginons que ce fonds ait vu le jour en 2008 et que sa part actions ait été investie dans un tracker du CAC 40. Aujourd'hui, après 5 ans, le rendement serait à zéro. Pour les 3 années suivantes,  la probabilité d'avoir un crack étant très forte, le rendement de la poche actions serait alors négative de l'ordre de 20%. Soit un rendement moyen annuel sur 8 ans de +1,8% au lieu des 2,5% attendus pour le fonds 100 % euros.

  • humanit
    humanitposté le 30.10.2013 à 07:36

    Aucune confiance dans les fonds garantis à l'échéance.Il suffit de constater les "performances" récentes de ces fonds "à promesses" pour s'en convaincre. Un bon "tien" vaut mieux que deux "tu l'auras" ! Car comme on dit dans le BERRY ,il faut vraiment être "ch'tit" (petit) pour ne pas promettre,