Assurance-vie : panorama des frais sur les unités de compte

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Good Value for Money vient de publier une étude qui met à jour l’importance des frais dans les supports proposés aux assurés. Détails par types de supports…

Reuters

Les détenteurs de contrats d’assurance-vie savent généralement que des frais leur sont facturés. Mais combien connaissent le niveau précis de ces frais ? Afin d’éclairer le public, Godd Value for Money (GVfM) vient de passer en revue la facturation appliquée par plus de 4.000 supports.

Le spécialiste de l’assurance-vie s’est penché uniquement sur les unités de compte (UC). Les performances des fonds en euros étant communiquées nettes de frais, elles sont relativement claires pour l’épargnant. En revanche, la situation est parfois plus floue du côté des UC. En effet, « quel épargnant n’est pas étonné en voyant une UC afficher un rendement positif alors même que le capital constitué diminue par le simple effet du prélèvement des frais de gestion, consistant à rogner des parts chaque trimestre voire chaque semestre ou annuellement ? », souligne GVfM.

Deux strates de frais

Avec un contrat investi en UC, l’épargnant subi deux niveaux de frais. Il doit d’abord régler les frais prélevés par l’assureur sur le contrat, c’est-à-dire l’enveloppe. Selon GVfM, ces frais vont de 0,6% à 1,1% avec une moyenne de 0,9%.

L’autre partie (souvent moins visible) est constituée des frais sur les UC, c’est-à-dire des frais sur ce que contient l’enveloppe. Ces derniers ne sont pas prélevés par l’assureur mais par la société qui gère les fonds.

Frais fixes ou frais courant ?

Dans sa communication, la société de gestion indique des frais fixes. Cependant, ils ne correspondent pas toujours à la réalité. Les frais effectivement prélevés, les frais courants, peuvent intégrer des éléments de performance. Ils sont donc généralement plus élevés que les frais fixes. Ce sont ces frais courant qu’a étudiés GVfM.

Résultats

Comme le montre notre tableau, les frais les plus élevés sont facturés sur les UC investies en actions. La moyenne est de 2,10% et passe même à 2,17% pour les fonds qui ciblent les pays émergents. Il est également à noter que les fonds les plus « chers » facturent jusqu’à 3% par an.

La gestion flexible et la gestion profilée ont également la main lourde sur les frais, ce qui peut être justifié par le caractère « actif » de ces modes de gestion. Ici, les moyennes sont de 2,46% et 2,03%.

Les fonds obligataires affichent quant à eux une moyenne de frais de 1,26%. Enfin, sans surprise, la gestion indicielle (via des trackers, aussi appelés ETF) ne coûte en moyenne que 0,36%. La faiblesse des frais est d’ailleurs l’un des arguments de cette gestion passive.

Frais facturés sur les unités de compte (en %)
Source : GVfM
MinimumMoyenneMaximum
UC Actions1,552,092,76
-dont Europe1,452,103,00
-dont International1,602,062,93
-dont Emergents1,752,172,80
UC Obligataires0,731,261,50
-dont Europe0,531,081,55
-dont International0,881,311,80
-dont haut rendement1,051,371,79
UC Gestion flexible1,572,463,59
UC Gestion profilée1,412,033,18
UC Trackers0,170,360,65
-dont France0,250,350,40
-dont International0,290,400,50

Comment lire ces chiffres ?

Bien entendu, comparer un à un ces chiffres n’a pas de sens. Payer des frais élevés n’est pas nécessairement pénalisant si le fonds dégage des performances brutes importantes. Par exemple, une UC dégageant 6% de rendement brut et facturant 2% de frais, laissera 4% nets à l’épargnant. Soit plus qu’un fonds facturant 1% mais ne réalisant que 3% de performance brute.

Attention toutefois, les frais élevés ne vont pas toujours synonymes de performances élevées. Ces dernières années, des fonds indiciels (moins coûteux) ont même fait aussi bien que des fonds gérés activement. Il est donc important d’avoir une vision globale, sans oublier qu’il faut aussi tenir compte des frais liés au contrat.

Ces chiffres peuvent aussi permettre de raisonner à l’envers. Imaginons un épargnant subissant les frais moyens du marché, soit 0,9% sur son contrat et 2,10% sur ses UC (en actions). Pour que son capital soit simplement préservé, il faudra que les UC dans lesquelles il investit progressent au moins de 3%. Et si l’inflation est de 1%, il faudra même que les UC gagnent 4% pour que le pouvoir d’achat du capital investi ne s’érode pas.

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