Assurance vie : opération séduction des principaux partis politiques

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Les représentants des principaux candidats à l’élection présidentielle ont défendu la semaine dernière leurs propositions sur l’héritage et leur vision de l’assurance vie à l'occasion des Assises de l'Afer.

Creative Commons / Ken Teegardin

Les représentants des principaux candidats à l’élection présidentielle ont détaillé leurs programmes respectifs concernant l’héritage à l’occasion des Assises de l’Afer, la plus grande association d’épargnants avec plus de 750.000 adhérents, qui avaient lieu la semaine dernière. L’assurance vie est le thème qui a suscité le plus de curiosité de la part de Gérard Bekerman, président de l’Afer, puisque son contrat est un produit phare du secteur.

Gérard Bekerman « a à cœur de vous représenter et de se battre pour vous », a loué Xavier Bertrand venu apporter un « message de profonde estime » à son ancien confrère, le représentant de LR ayant lui-même été agent d’assurance. Le président de la région Hauts-de-France a par ailleurs affirmé que, pour sa candidate Valérie Pécresse, il n’était « pas question de toucher un cheveux » du système de l’assurance-vie. Il a également rappelé ses principales promesses concernant l’héritage : réduire la durée de renouvellement de l’abattement à 6 ans ou encore augmenter celui sur les successions pour les enfants à 200.000 euros.

Macron a depuis précisé sa position

Laurent de Saint-Martin (LREM), pour sa part venu défendre le projet d’Emmanuel Macron, a déclaré : « On ne touche rien à l’assurance-vie. » Et de justifier sa réponse en désignant ce type de contrat comme une « soupape » dans l’univers fiscal, mais aussi en soulignant le « besoin d’investissements » de la société française qui peut être satisfait par son biais. Côté transmission, il n’a rien dévoilé dans le détail et s’est contenté d’évoquer « un allègement sur les patrimoines populaires ou classe moyenne ». Nous avons appris depuis que le président sortant souhaite augmenter l’abattement sur les successions en ligne directe au premier degré de 100.000€ à 150.000€.

Le représentant de Marine Le Pen, Philippe Nguyen, a également indiqué vouloir maintenir le statu quo pour l’assurance-vie tout en plaidant pour « des fiscalités plus clémentes ». Il a présenté un projet de fonds souverain à taux garanti, mais révisable, de 2% à 6% selon la durée d’immobilisation du capital, qui serait investi dans les infrastructures ou les nouvelles technologies. Quid de la compatibilité avec les contraintes réglementaires ? Il n’a pas abordé le sujet et personne ne lui a demandé. Pour la succession en général, il a rappelé la proposition phare de la candidate : un abattement de 300.000 euros sur l’immobilier.

Vijay Monany, membre du parti d’Eric Zemmour (Reconquête), a présenté une mesure pour l’assurance-vie : « La fin de la loi Sapin II. » Ce texte, adopté en 2016, prévoit que les retraits puissent être bloqués sur les contrats en cas de crise du système financier. Il a défendu, par ailleurs, « une exonération totale des transmissions » pour les entreprises familiales françaises. Ce qui a suscité des applaudissements fournis.

Le représentant de la France insoumise a, lui, provoqué des rires moqueurs lorsqu’il a évoqué une « taxe à 100% sur les transmissions au-delà de 12 millions d’euros ». Ce qui ne l’a pas empêché de recueillir quelques applaudissements quand il a indiqué que les recettes ainsi récoltées serviraient à « financer les universités », les « résidences universitaires » et soutenir « la jeunesse ». Hadrien Toucel a précisé que Jean-Luc Mélenchon ne compte pas modifier l’assurance-vie, mais souhaite néanmoins mettre fin aux avantages fiscaux des contrats à l’étranger afin de rapatrier les fonds.

EELV seul à plaider un bouleversement

Enfin, l’ambassadeur de Yannick Jadot (EELV), a tenu un discours plus radical. Guillaume Duval a défendu l’idée d’un héritage à 200.000 euros sans impôt par personne reçus tout au long de la vie. Ce qui implique « la fin de l’exonération de l’assurance vie ». Il reprend ainsi une idée de nombreux économistes, dont ceux du Conseil d’analyse économique (CAE), organe indépendant rattaché au Premier ministre, en décembre dernier. Si ses propositions ont été accueillies avec indifférence, sa critique de la « société d’héritiers », qu’il estime engendrée par la fiscalité actuelle, a reçu quelques huées.

Commentaires (1)
  • Utilisateur30802
    Utilisateur30802posté le 22.03.2022 à 10:57

    Qu' il est tentant de mettre la main dans le pot de confiture. Foutez nous la paix avec nos contrats d'assurance vie. N'oubliez pas que c'est nous qui finançons vos dettes.

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