Assurance-vie en euros : quel bilan depuis 20 ans ?

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Depuis 1998, les rendements des fonds en euros ont été divisés par 3. Mais la chute des performances est encore plus spectaculaire en tenant compte de la fiscalité et de l’inflation.

Reuters

Pour nombre d’épargnants, l’assurance-vie en euros ne rapporte plus rien, ou en tout cas beaucoup moins que par le passé. Loin d’être une impression, ce constat est bel et bien une réalité comme le prouve notre analyse sur les vingt années écoulées.

3,78% de rendement brut moyen

De 1998 à 2017, le marché des fonds en euros a dégagé une performance brute cumulée d’un peu plus de 110%. Ce chiffre calculé à partir des statistiques de la FFA et de Facts & Figures correspond à un rendement annuel moyen de 3,79%.

Une amplitude spectaculaire

Sans grande surprise, l’année 1998 a été la meilleure pour les détenteurs de fonds en euros, avec un rendement moyen de 5,6% pour le marché.

Du fait d’un déclin quasi continu, le point bas a été atteint en 2017. L’an passé, les fonds en euros ont dégagé une performance moyenne de 1,8%.

En vingt ans, le rendement des fonds en euros a donc été divisé par 3.

Une fiscalité alourdie

Si la fiscalité des contrats permet à de nombreux épargnants d’échapper à l’impôt en cas de rachat (contrats de plus de 8 ans), tous sont en revanche concernés par les prélèvements sociaux (PS).

Ces derniers étant pris à la source, l’épargnant ne perçoit en réalité chaque année qu’un rendement net de prélèvements. De surcroît, les PS ont été progressivement alourdis : de 10% en 1998 à 15,5% en 2017.

Ainsi, déduction faite des PS, le rendement cumulé des fonds en euros depuis 1998 n’a pas été de 110% mais de 93,3%, correspondant à un rendement annuel moyen de 3,35%.

En 2017, les assurés ont par exemple touché en moyenne 1,52% après prélèvements, contre 5,04% en 1998.

Le rôle de l’inflation

Rappelons enfin qu’il convient de tenir compte de l’inflation car c’est le rendement net de fiscalité et d’inflation qui mesure la véritable progression du capital (en termes de pouvoir d’achat). On parle alors de rendement réel.

Ainsi, un capital placé sur des fonds en euros a gagné 49,2% de pouvoir d’achat entre 1998 et 2017, soit un gain annuel moyen de 2%.

Un rendement réel en chute libre

Avec des taux généreux (5,6%), des prélèvements contenus (10%) et une inflation limitée (0,7%), 1998 a là encore été la meilleure année. Le rendement réel des fonds en euros était alors de 4,34%.

Le point bas a été touché l’an dernier avec un rendement réel de seulement 0,52%, soit 8 fois moins qu’en 1998. Notons qu’en raison d’une inflation élevée (2% et 2,1%), 2011 et 2012 ont aussi constitué des creux avec des performances réelles voisines de 0,5%.

A l’inverse, à la faveur d’une inflation nulle, 2009 a été une année de rebond avec un taux réel de 3,15%. 2009 a même été le meilleur millésime des 20 dernières années après 1998 et 1999.

Et pour 2018 ?

Pour cette année, la fourchette est encore large. Selon les conditions de marchés, Facts & Figures prévoir entre 1,4% et 1,8%. Avec des prélèvements alourdis (à 17,2%) et une inflation de retour (1,2% pronostiqué par la Banque de France), le rendement réel de l’assurance-vie en euros risque d’être en berne. Il devrait ressortir entre 0% et 0,3%, affichant de loin sa plus mauvaise performance sur notre horizon d’analyse.

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