Assurance-vie : casser un contrat peut se révéler gagnant

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Même si le compteur fiscal est remis à zéro, l’assuré peut avoir intérêt à ne pas laisser dormir son argent sur un support peu performant

Reuters

Le gouvernement l’a redit la semaine dernière. Il n’est pas question d’autoriser le transfert des contrats d’assurance-vie. En d’autres termes, pour passer d’un établissement à un autre, il faut obligatoirement mettre un terme à son contrat et en ouvrir un autre auprès du nouvel opérateur.

Problème, le compteur fiscal est alors remis à zéro. Afin de ne pas perdre le bénéfice d’une fiscalité avantageuse, beaucoup d’épargnants choisissent donc le statu quo, même si leur contrat leur rapporte peu. Il est vrai que l’ouverture d’un nouveau contrat suppose en théorie d’avoir un horizon de placement long, sous peine d’être lourdement taxé (35% jusqu’à 4 ans, 15% de 4 à 8 ans).

Pourtant, le changement peut être bénéfique dans certains cas notamment si le placement visé promet un taux plus élevé.

Détentions très longues

Imaginons un assuré ayant un contrat de plus de 8 ans et ne projetant pas de piocher dans ses réserves dans les 8 années suivantes. Qu’il reste sur son contrat actuel ou qu’il en change n’aura aucune incidence sur le plan fiscal. Dans les 2 cas, les retraits auront lieu après 8 ans soit avec la fiscalité la plus avantageuse (7,5% et abattements). Il a donc tout intérêt à changer pour un contrat plus dynamique, même si quelques frais lui sont prélevés au passage.

Détentions à moyen terme

A moyen terme, le pari du changement peut aussi se révéler efficace. Prenons le cas d’un assuré ayant placé 10.000 euros sur un contrat depuis plus de 4 ans avec une performance moyenne 2% par an. Cet assuré, qui a aujourd’hui 10.693 euros nets de prélèvements, envisage de retirer ses fonds dans 5 ans au plus tôt.

S’il continue avec son contrat actuel au rythme de 2% par an, il aura dans 5 ans un capital de 11.628 euros (net de prélèvements). En cas de retrait il ne subira aucune fiscalité puisqu’il bénéficiera de l’abattement de 4.600 euros sur ses intérêts (appliqué après 8 ans).

Si cet assuré décide de changer de contrat pour un produit plus rentable, il va devoir casser son contrat et payer 15% d’impôt sur ses intérêts. Il va de surcroît devoir régler des frais de versement sur son nouveau contrat (par exemple 2%).  On peut estimer qu’il ne pourra ainsi réinvestir que 10.377 euros nets de frais.

Il n’empêche que s’il trouve une assurance-vie à 3,5%, il aura dans 5 ans un capital de 12.005 euros (net de prélèvements). Soit plus qu’en conservant son ancien contrat. Certes, s’il retire son argent il devra payer 15% d’impôt sur ses intérêts. Ceci étant, même avec ce surcoût fiscal, il aura toujours plus en net : 11.760 euros contre 11.628 euros. Et bien entendu l’écart ne fera que s’accroître si le placement est maintenu dans le temps.

Chaque cas est particulier

Certes, la différence est ici anecdotique. Mais cet exemple montre qu’en dépit d’une fiscalité plus lourde, il peut être intéressant de casser un contrat peu performant. Il est toutefois difficile de fixer des seuils généraux tant les paramètres sont nombreux (taux, ancienneté, horizon de placement, montant placé...).

Il appartient donc à chacun de faire ses simulations en fonction de ses propres contraintes. Rappelons qu’en marge de la fiscalité, il est important de tenir compte des frais appliqués (gestion, versements...). Mais ce sont surtout les perspectives de rendement des fonds visés qui constituent les variables déterminantes.... et malheureusement les plus difficiles à cerner.

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