Assurance vie : 2% de frais en moyenne sur les unités de compte

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Les frais courants pratiqués par les sociétés de gestion sur les supports en UC ont un peu baissé en 2021 par rapport à l’année dernière. Ceux fixes pratiqués par les assureurs sur les contrats demeurent stables.

Reuters

Selon le dernier Benchmark des frais facturés au sein des unités de compte (UC) du site Goodvalueformoney.eu, les épargnants sont en moyenne facturés de 2% par an par les sociétés de gestion pour la tenue de leurs supports en UC en actions. A ces montants, s’additionnent 0,9% de frais de gestion fixe de leur contrat d’assurance vie par leurs distributeurs.

Au global, un investissement dans une UC actions supporte ainsi en moyenne 2,91% de frais annuels en 2021 qui viennent en imputer d’autant sa performance.

Performances 2020

En somme, si le support génère une performance égale ou inférieure au niveau de ces frais, l’épargnant est donc perdant. Et au terme d’une année 2020 pour le moins volatil, tous les fonds sont loin d’avoir surperformé tous ces frais.

En réalité, leurs performances ont été particulièrement hétérogènes selon les actifs et les zones géographiques d’investissement, les meilleures ayant été enregistrées par les fonds d’actions asiatiques hors Japon (+12,8%), ceux des mid-cap françaises (+9,9%) et des actions américaines (+9,3%), là où les fonds des actions françaises toutes capitalisations confondues de 3,8%.

« Pour faire aussi bien que le fonds en euros, il faut que le gérant performe en moyenne de 4% par an », estime Goodvalueformoney.eu, car ces supports, s’ils enregistrent des performances bien moins élevées que les UC en moyenne, subissent aussi moins de frais.

A noter toutefois que les frais pratiqués sur les UC ont un peu baissé cette année : les frais fixes pratiqués par les assureurs et distributeurs sont restés stables, mais ceux ‘courants’ des sociétés de gestion « ont poursuivi leur lente dynamique de baisse avec un niveau moyen globalement inférieur de 5 centimes par rapport à 2020 », note GoodValueForMoney.

Supports actions

Dans le détail, le Benchmark du spécialiste relève que les frais de gestion fixes moyens (appliqués par les distributeurs des contrats d’assurance vie) pour les fonds en actions s’élèvent à 1,64% en 2021, en hausse de trois points de base par rapport à 2020. Les frais de gestion courants (prélevés par les sociétés de gestion d’actifs) atteignent pour leur part 2,01% sur ces contrats, en baisse de 2 points de base.

Obligations et ETF

Ceux supportés par les épargnants pour les supports obligataires et la gestion passive (ETF) sont moins élevés : côté obligations, les frais fixes sont stables à 0,95%, et les frais courants affichent également une baisse de deux points de base par rapport à l’année dernière à 1,16%. Pour les supports des trackers, les frais fixes se limitent à 0,36% en moyenne (contre 0,35% en 2020) et les frais courants à 0,40% (contre 0,37% l’année dernière).

Mode de gestion

Si le niveau de ces frais dépend principalement, le mode de gestion du contrat a aussi une incidence notoire sur les pratiques tarifaires des compagnies d’assurance et des gérants.

Ce n’est pas une surprise : la gestion profilée est logiquement moins onéreuse que la gestion flexible, qui demande un suivi moins "automatisé" des portefeuilles. Ainsi, les frais fixes moyens sur les contrats en gestion profilée s’élèvent en moyenne à 1,4% (quasi-stables par rapport à 2020) là où ceux pilotés en gestion flexible atteignent 1,67% en 2021, en baisse toutefois de 4 points de base par rapport à l’année dernière.

Quant aux frais courants, ils s’affichent en baisse pour la 4e année consécutive et pour la gestion profilée, passés de 2,03% en 2018 à 1,93% en 2021, et pour la gestion flexible, tombés à 2,21% contre 2,46% en 2018.

Les tarifs ultra-compétitifs des offres ‘clean share’

Pour la première fois, Goodvalueformoney.eu a par ailleurs analysé la différence de niveau des frais pratiqués entre les parts 'classiques' donnant lieu à des rétrocessions (reversées par le gérant au distributeur du contrat d’assurance vie), et les parts dites ‘clean share’, sans versement de rétrocessions, une pratique récente, le plus souvent réservée aux clients institutionnels, mais que certains distributeurs proposent aussi aux particuliers depuis quelques années.

Et autant dire que ces contrats ‘clean share’ s’avèrent particulièrement intéressants, puisqu’en moyenne, les fonds "classiques" enregistrent 1% de performance annuelle en moins que les "clean share".

Par exemple, pour les fonds actions, les frais sur ces derniers sont près de deux fois inférieurs à ceux des supports classiques : sur les clean share, les frais classiques se limitent à 0,84%, et les frais courants à 1,06%. Tous sous-jacents confondus, les montants annuels moyens des frais totaux sur ces fonds se situent entre 1,5% et 2,1%. Avec les ETF, l’addition est même limitée à 1,3% en moyenne.

La bonne nouvelle, pour les épargnants, est que l’on peut supposer que les supports ‘clean share’ tendent à se développer à l’avenir, car depuis le 1er avril 2020, assureurs et distributeurs ont l’obligation de communiquer le niveau des rétrocessions dont ils bénéficient par contrat. Un effort de transparence qui devrait les inciter à étoffer leurs offres et limiter leurs frais dans un marché de plus en plus concurrentiel…

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