Un départ en retraite à 67 ans ? Le gouvernement calme le jeu

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Alors qu’Edouard Philippe a exhorté l’exécutif à être plus ambitieux dans son projet de réforme des retraites, le ministre du Travail a assuré dimanche que sa feuille de route restait inchangée.

Reuters

Réforme de l’assurance chômage d’un côté, projet de loi de finances de l’autre au parlement, et pénuries d’essence en toile de fond, la semaine s’annonce encore sous haute tension pour le gouvernement. Dans le contexte de cet agenda chargé, autant ne pas ajouter de l’huile sur le feu avec le dossier des retraites, dont le premier cycle de concertation avec les partenaires sociaux démarre officiellement demain.

Après la sortie de l’ex-Premier Ministre Edouard Philippe, samedi, dans Le Parisien, qui s’est exprimé en faveur d’un report de l’âge de départ en retraite jusqu'à 67 ans, l’exécutif est venu rapidement déminer le terrain sur ce sujet, qui s’annonce comme la principale pierre d’achoppement des négociations avec les syndicats.

65 ans, l'objectif affiché du gouvernement

Dimanche, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a assuré que la feuille de route restait la même, avec un âge ramené à « 64 ans en 2027, 65 ans en 2031 avec un rythme de quatre mois supplémentaires par an. Mais dès juillet, le président de la République a dit que, sur la question de l’âge, il n’y avait ni totem, ni tabou. Cela sera à concerter, mais il nous faut reculer l’âge moyen de départ », a-t-il tempéré dans une interview au JDD.

Sur Radio J, le même jour, le président du MoDem, François Bayrou, qui avait déjà pesé dans la décision du président de la République de ne finalement pas opter pour un passage en force, s’est aussi désolidarisé des propos du maire du Havre en déclarant avoir « la conviction » qu’Emmanuel Macron ne portera pas l’âge de départ jusqu’à 67 ans : « Je suis persuadé que ce n’est pas son idée ».

« Plus on met de souplesse et mieux c’est, et moins c’est rejeté […] Je pense que la question des retraites n'est pas une question uniquement budgétaire. La question des retraites, c'est un projet de société », a-t-il souligné.

Améliorer le taux d'emploi des seniors

Le gouvernement, qui poursuit l’objectif de présenter un texte de réforme ficelé d’ici à la fin de l’année, entend démarrer ses travaux sans échauffourées inutiles, alors que doit être votée en parallèle celle de l’assurance chômage ce mardi. Des mesures de durcissement qui doivent aussi porter les conditions de cette réforme, en s’attaquant à la problématique du faible taux d’emploi des seniors.

En outre, la menace du Chef de l’Etat de dissoudre l’Assemblée nationale si son projet ne passe pas, n’enchante guère dans les rangs des députés de la majorité ni dans ceux des Républicains, rapporte franceinfo.

Les concertations sont prévues en trois grands chapitres. Celui qui doit s’ouvrir cette semaine est justement consacré à « la prévention de l’usure professionnelle et l’emploi des seniors », a rappelé Olivier Dussopt au JDD.

Suivra le chapitre de « l’équité et la justice sociale, avec l’amélioration des dispositifs de solidarité et l’égalité entre femmes et hommes. C’est dans ce cadre que nous aborderons les régimes spéciaux, en privilégiant une méthode progressive vers la normalisation comme nous l’avons fait pour la SNCF : la réforme ne concernera que les nouveaux salariés. Enfin, nous évoquerons l’équilibre du système », a détaillé le ministre.

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