Singularité du Grand Confinement, la richesse mondiale a progressé de 7,4% en 2020

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Qualifiée par le FMI comme la pire crise économique depuis la Grande Dépression de 1929, la récession mondiale de 2020 – ou le "Grand Confinement" - aura été inédite à bien des plans.

Crédit Suisse

C’est l’un de ses paradoxes : en dépit de la contraction du PIB (-3,5%*), la création de richesse mondiale s'est poursuivie l’année dernière. Et avec une très bonne tenue, puisque selon la 12e édition du Global Wealth Report du Crédit Suisse, cette richesse internationale a augmenté de 7,4% (+ 28.700 Md$) par rapport à 2019 – et de 6% par adulte (+79.952$) pour atteindre 418 300 milliards de dollars à la fin de l’année 2020.

A noter cependant qu’une partie de cette croissance a reposé sur la dépréciation du dollar, qui a profité à beaucoup de pays. A taux inchangés par rapport à 2019, la richesse mondiale aurait augmenté de 4,1% et la fortune par adulte de 2,7%.

Après avoir chuté au 1er trimestre avec le krach des marchés financiers, le niveau de la richesse mondiale a connu un renversement de tendance dès la fin du mois de juin 2020.

Krach boursier

L’étude évalue à 17 500 milliards de dollars la perte de richesse mondiale enregistrée au premier trimestre (-4,4%), laquelle a été vite rattrapée au second semestre, portée par le redressement des marchés actions, mais aussi par la progression des prix de l’immobilier, note le Crédit Suisse.

Cette progression est concentrée majoritairement en Amérique du Nord (+12.400 Md$) et en Europe (+9.200 Md$), la Chine contribuant pour 4.200 Md$ supplémentaires et la zone Asie-Pacifique (hors Chine et Inde) pour 4.700 Md$ supplémentaires. A l’inverse, l’Inde et l’Amérique Latine se sont "appauvries" : la richesse totale de l’Inde s’est dépréciée de 4,4% (-594 Md$), et celle de l’Amérique Latine a enregistré une chute spectaculaire de 11,4% (1.200 Md$).

Une richesse décorrélée du paysage macroéconomique

Autre paradoxe relevé par l’enquête du Crédit Suisse : « Les pays les plus touchés par la pandémie de COVID-19 sont souvent ceux qui enregistrent les plus gros gains de richesse par adulte. Le contraste entre ce qui est arrivé à la richesse des ménages et ce qui ce qui se passe dans l'économie au sens large n’aurait pas pu être plus absolu ».

Ce décalage trouve sa source dans les mesures de soutien déployées par les gouvernements et les banques centrales, et en particulier la baisse des taux d’intérêt directeurs, qui ont soutenu la hausse du prix des actifs financiers, mais aussi immobiliers.

Placements financiers

« Si l’on ne tient pas compte [de ces hausses], il est fort probable que la fortune mondiale des ménages ait diminué, explique l’économiste et auteur du rapport Anthony Shorrocks. Dans les tranches de fortune plus faibles, au sein desquelles les placements financiers sont moins présents, la richesse a eu tendance à stagner ou, dans de nombreux cas, à régresser. »

L’impact de la pandémie sur la fortune a varié selon les sous-groupes de population en raison principalement de deux facteurs : la composition du portefeuille et les chocs de revenus.

Ceux qui détenaient une part élevée d’actions dans leurs actifs, comme les personnes d’un âge moyen avancé, les hommes et les groupes plus aisés d’une manière générale, sont parvenus mieux que d’autres à tirer leur épingle du jeu, tandis que les groupes "vulnérables", comme les femmes, les minorités et les jeunes, ont été particulièrement affectés.

Commentaires (1)
  • claudelouis
    claudelouisposté le 22.06.2021 à 18:26

    Certes les Grands Caïds des Math... Si tout est bloqué et que rien ne se vend ou s'achète ...Forcément cela fait un blocage des Finances ...DONC ECONOMIES ( forcée)...

Epargne
Analyse0

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