Retraites : des performances très variables d’un régime à l’autre

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Une étude conjointe de Deloitte et Sapiendo montre que la performance des régimes peut varier du simple au double en fonction de la profession. De quoi compliquer la réforme à venir.

Reuters

Quelle catégorie d’actifs possède le meilleur régime de retraite ? Cette question revient régulièrement sur le devant de l’actualité et ne devrait pas manquer d’alimenter les débats à l’occasion de la prochaine réforme des retraites.

Pour y voir clair, Sapiendo et Deloitte se sont donc penchés sur la question. Dans une étude conjointe, les deux cabinets de conseil ont cherché à déterminer la performance globale des différents régimes en mesurant la rente annuelle acquise (en pourcentage du salaire) grâce aux cotisations.

Des résultats très variables

Premier constat, les écarts sont conséquents et les résultats diffèrent quelque peu des idées reçues, en particulier pour les personnes ayant 50.000 euros de rémunération nette.

Les fonctionnaires d’Etat avec 10% de prime disposent certes du régime le plus performant. Leurs cotisations leur permettent d’acquérir une rente qui équivaut à 2,17% de leur rémunération nette. Autrement dit, une personne gagnant 50.000 euros nets acquière chaque année 1.083 euros de retraite annuelle (2,17% de son revenu) au travers des cotisations retraite. En revanche, la performance chute à 1,47% pour les fonctionnaires ayant 40% de primes.

Ces derniers sont ainsi moins bien lotis que les salariés du public (1,77%) ou du privé (1,65%). Commerçants, artisans, agriculteurs et professions libérales sont un peu en retrait avec des taux compris entre 1,02% et 1,19%.

La conjonction de deux facteurs

Comme le souligne l’étude, ces résultats découlent de deux éléments : la rentabilité des cotisations mais aussi l’effort contributif requis par chaque régime.

La rentabilité des cotisations des fonctionnaires est par exemple beaucoup plus faible que celle des salariés du privé. Dans le privé, une cotisation de 1.000 euros se traduit par l’acquisition de 46 euros de rente annuelle (lorsque le salarié gagne 50.000 euros nets). Pour un fonctionnaire, le chiffre n’est que de 22 euros.

Mais cet effet est très largement compensé les différences d’efforts contributifs. Pour un salarié du privé, les cotisations annuelles s’élèvent à 17.800 euros (soit un effort de 35,6%). Pour un fonctionnaire, les cotisations sont beaucoup plus élevées. Elles correspondent à 96,7% de la rémunération (48.350 euros).

Performances des régimes de retraite pour un revenu net de 50.000 €
L'Argent & Vous d'après étude Deloitte et Sapiendo
Fonctionnaire avec 10% de primeSalarié du privéProfession libérale (CIPAV)
Effort contributif (employé et employeur)96,7%35,6%14,8%
Cotisations48.350 €17.800 €7.400 €
Rentabilité des cotisations2,24%4,63%7,18%
Rente annuelle acquise grâce aux cotisations1.083 €824 €531 €
Performance du régime (en % du revenu net)2,17%1,65%1,06%

Une réforme très complexe

Ces quelques exemples montrent, selon les auteurs de l’étude, que la réforme voulue par l’exécutif « est un projet très ambitieux avec des enjeux de taille ». Pour mémoire, le gouvernement souhaite un système par points dans lequel 1 euro cotisé génèrerait les mêmes droits, quel que soit le régime. Dès lors, « l’enjeu n’est pas seulement une question d’égalité en termes de rentabilité des cotisations mais également en termes d’effort contributif », concluent Deloitte et Sapiendo.

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