Retraites : à l’international, des ménages de plus en plus mis à contribution

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La France perd cette année une place au Mercer CFA Institut Global Pension Index, son classement mondial des systèmes de retraite. Le rapport met en lumière l'accélération des systèmes à l'international vers des régimes "à cotisations définies".

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Classée 22e sur 44 pays analysés, la France perd cette année une place au Mercer CFA Institut Global Pension Index (MCGPI), qui vient de publier la 14e édition de son classement annuel mondial des systèmes de retraite.

Le MCGPI est réalisé tous les ans sur la base d’une cinquantaine de critères pondérés relatif à la performance (mesurant le niveau de vie des retraités), à la viabilité (l’équilibre financier à long terme) et à l’intégrité (la lisibilité de son fonctionnement pour les citoyens) des systèmes de retraites.

La France mal notée pour la "viabilité" de son système de retraites

En dépit d’un score en amélioration (63,2 contre 60,5 en 2021), notre pays reste pénalisé par le manque de viabilité et d’intégrité de son système.

Evoluant depuis plusieurs années en milieu de tableau, celui-ci « fait partie des systèmes qui présentent de bonnes caractéristiques, mais qui comportent également des risques majeurs et/ou lacunes qu'il convient de combler », décrypte le rapport, qui met notamment en lumière un grand besoin de financement, avec la nécessité, selon ses experts, de reculer l’âge de départ en retraite et d’augmenter le taux d’activité des seniors, deux points sur lesquels le gouvernement français concentre ses travaux dans le cadre de son projet de réforme des retraites.

A l’échelle mondiale, les experts de Mercer observent une accélération de l’abandon de régimes « à prestations définies qui prévoient le versement d'un revenu régulier à vie au moment de la retraite » (ce qui correspond au système français de retraite par capitalisation), au profit « de régimes à cotisations définies, qui prévoient généralement l’accumulation d’une épargne versée en capital ou non au moment de la retraite. En outre, de nombreux gouvernements envisagent de réduire leur niveau de soutien financier pendant la retraite afin d'assurer la viabilité financière du pays à long terme ».

Des ménages de plus en plus exposés aux marchés financiers

Une évolution qui permet d’assurer une meilleure viabilité côté finances publiques, mais qui fait aussi peser sur les ménages de plus en plus de responsabilité financière et d’exposition au risque des marchés financiers, relèvent les auteurs de l'enquête, qui insistent sur la nécessité pour les citoyens d’être mieux armés et mieux accompagnés dans leurs prises de décision financières.

« Les ménages devront réfléchir à un juste équilibre entre la perception d'un revenu régulier, l'accès à un certain niveau de capital et la protection contre les risques futurs, compte tenu des nombreuses incertitudes auxquelles sont confrontés les retraités », observe David Knox, associé chez Mercer.

Régimes hybrides

En France, notre système par répartition n’expose pas les ménages au risque des marchés financiers, mais avec les difficultés à maintenir le niveau des pensions à long terme et les incertitudes de l’avenir, l’Etat encourage de plus en plus les particuliers à se constituer une épargne retraite complémentaire, qui, pour sa part, est bien exposée aux aléas des marchés financiers (unités de compte en assurance vie et PER, participation-intéressement placés sur des fonds de PEE…).

D’après la méthodologie de Mercer, les systèmes de retraite les mieux classés sont des régimes hybrides, combinant à la fois un modèle par répartition et par capitalisation, ce qui leur permet d’être financièrement solides et bien gérés, tout en assurant des revenus suffisant aux retraités. Le podium reste inchangé par rapport à l’année dernière : l'Islande obtient la valeur d'indice global la plus élevée (84,7), suivie de très près par les Pays-Bas (84,6), puis par le Danemark (82,0).

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