Réforme des retraites : Macron la souhaite paramétrique, systémique, mais pas pour tout de suite

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Priorité à la crise sanitaire cet été, et au-delà. Le président de la République a décidé de ne pas rouvrir le dossier des retraites avant que "les conditions sanitaires [soient] réunies". Soit après la prochaine élection présidentielle.

Reuters

Il y a encore à peine une semaine, la rumeur planait qu’Emmanuel Macron pourrait attaquer la rentrée en ouvrant la boîte de Pandore de la réforme des retraites. Mais c’était sans compter sur l’évolution expresse de la situation sanitaire du pays.

En quelques jours, l’explosion des contaminations au variant delta, couplée à une stagnation des vaccinations, a mené le président de la République à changer de braquet : lors de son intervention télévisée, lundi 13 juillet, la priorité sanitaire estivale a pris le pas sur tout le reste, et en particulier sur l’agenda des réformes.

La priorité sanitaire

S’il ne l’a pas expressément indiqué, le locataire de l’Elysée, en déclarant que le dossier des retraites resterait suspendu tant que l’épidémie de coronavirus ne serait pas sous contrôle, a bien fait comprendre qu’il serait reporté après l’élection présidentielle. Car on imagine mal comment la situation sanitaire pourrait être complètement stabilisée d'ici quelques semaines à peine pour introduire un projet pour le moins ambitieux dès la rentrée parlementaire.

Cette suspension désormais "assumée", la réforme va donc clairement s’inscrire comme l’une des thématiques phares de la campagne. Et pour embrasser le consensus le plus large possible sur ce sujet socialement explosif - principal échec de ses promesses électorales de 2017, tombé avec le Covid – Emmanuel Macron a promis hier soir que celle-ci serait à la fois paramétrique et systémique.

Agenda électoral

Pas de choix cornélien donc entre la hausse de l’âge minimum de départ et la refonte des régimes spéciaux en un seul système universel. Alors que la première option avait été remise en avant au détriment de la seconde en juin, les deux piliers seront bien intégrés à la réforme, a-t-il assuré.

La retraite minimum à mille euros fait aussi son retour : annoncée par le président de la République en avril 2019 pour tous ceux ayant effectué une carrière complète, cette revalorisation fera bien partie de son nouveau projet.

Retraite à 1.000 euros

Lequel pourrait s’appuyer sur un rapport de deux élus LREM sur les petites retraites remis début juin : les députés Nicolas Turquois et Lionel Causse proposent de porter, pour les futurs retraités, à 1.000€ minimum brut par mois les pensions des assurés ayant réalisé une carrière complète (soit 120 trimestres), puis à 85% du Smic net minimum en 2025, selon un calendrier qui s’échelonnerait sur quatre ans à compter de 2023.

Mais d’ici à sa potentielle réélection, rien n’est acté. Entre une période estivale sous haute tension sanitaire, et une liste de candidats à la présidentielle encore à définir, Emmanuel Macron aura encore tout le loisir d’ajuster son projet politique au gré du contexte à la rentrée.

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