Qu’est-ce qu’un ETF ?

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Décryptage et analyse de ces produits d’investissement qui connaissent un succès grandissant dans l’univers de la gestion

Reuters

ETF. Cette abréviation est devenue incontournable depuis quelques années dans le paysage de la gestion. Pourtant, pour beaucoup de particuliers, ces produits restent très flous.

Fonctionnement

Les ETF (exchange traded funds) désignent des fonds cotés dont l’objectif est de répliquer la performance d’un marché ou plus précisément d’un indice (on parle aussi de trackers). Ils s’achètent donc et se traitent comme une simple action mais reflètent la performance d’un panier plus large.

Initialement centrés sur les actions, ils se sont progressivement ouverts à d’autres actifs comme les obligations ou les matières premières. Lorsqu’ils répliquent le parcours de matières premières, on parle alors d’ETC (exchange traded commodities).

L’abréviation ETP (exchange traded products) est parfois aussi utilisée Il s’agit d’un terme générique qui englobe les ETF et les ETC. Toutefois, dans la pratique, ETF et ETP sont souvent considérés comme des termes interchangeables.

ETF synthétiques et ETF physiques

Il existe deux manières de construire un ETF. Dans un ETF dit « physique », le promoteur achète réellement les actifs sous-jacents de l’indice (par exemple les actions). Ceci nécessite des ajustements permanents afin de bien répliquer la structure de l’indice. Les ETF « synthétiques » se basent quant à eux sur l’utilisation de produits dérivés.

En 2014, une étude de Morningstar évaluait à 70% la part des ETF « physiques » dans le marché européen.

Que représentent les ETF dans le monde et en Europe ?

Selon ETFGI, les ETF ont attiré au niveau mondial 372 milliards de dollars de capitaux frais en 2015 et plus de 79 milliards de dollars sur les quatre premiers mois de 2016. Désormais les encours s'élèvent à 3.137 milliards de dollars (à fin avril). Ce marché a plus que doublé en 5 ans et a été multiplié par 7 en 10 ans.

Les ETF progressent très vite en Europe. A 82 milliards de dollars, la collecte en Europe a par exemple augmenté de 45% en 2015 (contre +10% dans le monde).Toutefois, les encours européens (533 milliards de dollars) représentent encore moins de 20% du marché mondial des ETF, largement dominé par les Etats-Unis (à plus de 70%).

L’offre s’est considérablement développée au cours des dernières années. De 507 ETF en 2005, elle est passé à plus de 3.600 produits en 2010 et approche désormais des 6.300 références.

Un marché très concentré

Même si ETFGI recense 283 fournisseurs d'ETF dans le monde (présents dans 51 pays), le marché reste très concentré. Le leader du secteur, iShares captent près de 40% du marché américain et plus de 47% du marché européen. Outre-Atlantique, les trois premiers groupes (iShares, Vanguard et State Street) détiennent plus de 80% des actifs.

Une poussée symptomatique d’un état d’esprit ?

D’abord destinés aux professionnels, les ETF se sont progressivement ouverts aux particuliers. La règlementation est devenue plus contraignante pour les fournisseurs et le développement du marché s’est traduit par une concurrence accrue avec à la clé une baisse des commissions perçues.

En parallèle, l’expansion du marché a été permise par la commercialisation de produits de plus en plus variés et permettant de répondre à de nombreuses stratégies de gestion, surtout depuis l'émergence des "fintech".

Enfin, si des opérateurs ont longtemps estimé que l’attrait pour les ETF s’estomperait une fois passé le plus gros de la crise, la collecte constatée ces dernières années semble contredire cette théorie. Nombre d’observateurs estiment en fait que le succès des ETF tient surtout à la montée en puissance de la gestion passive (qui se contente de suivre un indice) face à la gestion active (dont le but est de faire mieux que le marché de référence). Il est vrai que la gestion active a parfois été critiquée ces derniers mois, ses résultats n'étant pas toujours à la hauteur de son coût.

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