Quelles performances espérer avec des FIP et des FCPI ?

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Selon les chiffres du Conseil des prélèvements obligatoires, ces produits investis dans des PME innovantes ou de proximité restent peu rémunérateurs en dehors de leur avantage fiscal.

Reuters

L’investissement dans les PME est d’actualité. Le gouvernement a en effet justifié sa récente réforme fiscale par sa volonté d’inciter les épargnants à soutenir ces entreprises. Mais le pari est-il intéressant sur le plan financier ?

Le rapport que vient de publier le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) donne quelques indications à ce sujet. Il s’est penché sur les performances des FIP et FCPI. Or ces derniers offrent un bon point de référence sachant que les particuliers investissent généralement dans les PME via des fonds.

Pour mémoire, les FIP visent les entreprises de proximité (c’est-à-dire dans une zone géographique définie), tandis que les FCPI s’intéressent aux entreprises innovantes.

Des rendements négatifs avant impôt

Pour effectuer son étude, le CPO a analysé 113 FCPI et 38 FIP clôturés entre 2010 et 2016. Il ressort de ce travail que l’investissement dans ce type de fonds est bien peu rémunérateur avant impôt.

Pour les FCPI, sur la base d’un TRI sur 10 ans, la rentabilité annuelle moyenne avancée est de -2,5%. Précisons qu’il s’agit ici d’une rentabilité après prise en compte de l’inflation (estimée à 1% en moyenne).

Du côté des FIP, le bilan est un peu meilleur mais reste négatif avec une performance réelle de -0,9% par an.

L’ISF plutôt que l’IR

Bien entendu, il ne faut pas oublier que ces produits offrent des avantages fiscaux. Par exemple 50% de réduction à l’ancien ISF (dans la limite de 18.000 euros).

En intégrant l’avantage ISF, les rendements sont bien meilleurs. Les investisseurs ayant pu faire jouer la réduction ISF ont obtenu sur la période étudiée 1,4% de rendement réel moyen avec les FCPI et 2,9% avec les FIP.

Reste que l’ISF ayant disparu, les investisseurs devront à l’avenir se contenter de l’avantage fiscal à l’IR (18% du montant investi dans la limite de 12.000 euros). Or ici, les performances s’avèrent moins flatteuses.

Les détenteurs non assujettis à l’ISF ont dégagé des rendements réels de 0,8% avec les FIP et de -0,6% avec les FCPI (sur la base d’une tranche marginale d’imposition de 45%).

Une vraie dépendance à la fiscalité

Ces chiffres prouvent la dépendance de ces produits à la fiscalité, les rendements moyens n’étant positifs qu’en intégrant un (gros) avantage fiscal.

Précisons à cet égard que l’investissement dans les PME bénéficiera cette année d’un petit coup de pouce avec un avantage à l’IR porté exceptionnellement à 25% (y compris via un fonds).

Mais ce bilan pourrait bel et bien inciter les professionnels du secteur à demander un soutien accru à plus long terme.

Et par rapport aux autres actifs ?

Au vu des chiffres du CPO, l’investissement dans des FIP et FCPI n’apparaît pas plus rémunérateur qu’un investissement en obligations françaises (0,8% de TRI), pourtant bien moins risqué.

Quant aux actions des grandes capitalisations françaises, elles ont été bien plus performantes. Le rendement réel moyen sur 10 ans a été de 5,1% net de fiscalité via un compte-titres et même de 6,1% au travers d’un PEA.

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