L’investissement responsable fait doucement son chemin auprès des Français

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Si l’intérêt des épargnants pour les fonds ESG a sensiblement progressé en 2020, leur demande est loin d'avoir explosé.

Reuters

Réalisé auprès d’un millier d’épargnants et quelque 470 conseillers en gestion de patrimoine, le dernier Baromètre de l’investissement responsable de CPR AM et Insight AM confirme l’intérêt croissant des Français pour les placements à vocation durable.

Après une année de crise sanitaire inédite venue bouleverser les priorités des politiques publiques et des entreprises, l’urgence économique, sociale et environnementale a retenti logiquement auprès des épargnants : en 2020, le niveau de méconnaissance des produits ESG (incluant des critères de sélection environnementaux, sociaux et de gouvernance) a régressé auprès des sondés du baromètre par rapport à l’année précédente (34% contre 31% en 2019), tandis que 44% d'entre eux se sont déclarés prêts à investir plus de 30% de leur épargne dans ces supports. 22% sont même disposés à y investir plus de la moitié de leur portefeuille.

L’environnement, thématique prioritaire

Ressortant largement en tête, la thématique de l’environnement est celle qui sensibilise prioritairement les investisseurs (54%) – en particulier les actifs de 35 à 49 ans - devant celles de l’emploi (50%), de l’éducation (46%) et de la lutte contre le réchauffement climatique (46%). La crise du coronavirus a par ailleurs fait ressortir de nouvelles préoccupations, comme la réduction des inégalités, et la consommation-production locale, des sujets d’intérêt quasi-absents des résultats de la 1ere édition du baromètre en 2019.

A contrario, les sujets relatifs à l’éthique des affaires et à la chaîne d’approvisionnement responsables n’intéressent qu’une minorité des sondés (16%).

L’investisseur ESG : jeune, urbain et convaincu

In fine, l’appétence des Français pour les investissements responsables s’est traduite par une augmentation significative de ces produits dans le portefeuille des épargnants, sans être toutefois un raz-de-marée : 31% des personnes interrogées comptaient en 2020 au moins un fonds ESG dans leur épargne, là où elles n’étaient que 21% à en posséder l’année précédente.16% des sondés ont par ailleurs déclaré détenir entre 5% et 20% de leurs actifs en produits ESG.

Sans surprise, les épargnants qui ont déjà franchi le pas de l’ESG sont majoritairement jeunes (moins de 35 ans), urbains et franciliens. Avec un niveau d’épargne de 5.000€ à 10.000€, ces "early adopters" sont déjà fortement convaincus de la pertinence de l’investissement responsable : sur le long terme, plus des deux tiers d’entre eux sont prêts à y investir plus de 70% de leurs deniers.

Manque d’info

Pour les autres, le principal frein à ces investissements reste un manque d’information général sur les offres du marché, notamment de la part de leurs conseillers en gestion de patrimoine (CGP).

Lesquels assurent de leur côté avoir passé le cap du simple "effet de mode" pour prendre à bras le corps ces sujets : plus de la moitié déclarent évoquer systématiquement les opportunités ISR à tous leurs clients, alors qu’ils n’étaient que 28% à le faire en 2019.

Il est d’ailleurs intéressant de noter un décalage entre les sujets de prédilection des épargnants et la perception de leurs attentes par les CGP. Si ces derniers reconnaissent chez eux une forte appétence pour l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique, les CGP ne sont que 16% à citer l’éducation, l’emploi et la consommation-production locale comme des thématiques intéressant les épargnants. Un décalage de perception qui s’explique sans doute par l’offre disponible, « foisonnante en matière de fonds à thématique environnementale, mais plus limitée et plus récente en matière sociale », avance Pascal Koenig, président d’Insight AM.

Bon accueil des labels

Enfin, pourtant pléthorique, et pas toujours lisible, l’existence de labels ISR permettant de garantir la portée ESG des fonds d’investissements semble par ailleurs plutôt bien perçue par le grand public : plus de la moitié des sondés estiment que le développement de la labellisation les encouragerait à opter pour ces supports durables.

Commentaires (1)
  • Sebino
    Sebinoposté le 31.01.2021 à 22:34

    Le crowdfunding via des plateformes comme MiiMosa qui aide les projets sur l alimentation et l agriculture. On donne du sens à notre épargne. Si cela vous intéresse,
    Je vous en parle sur mon blog fairevivrevotreargent
    C est beaucoup mieux que le livret A pour donner du boost à son épargne.

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