L’impact de l’inflation (ou de la déflation) en matière d’épargne

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En termes de placements, l’évolution des prix est un facteur à ne pas négliger. Elle permet en effet de déterminer la performance réelle de son épargne

Reuters

Déflation. Le mot recommence à tourner en boucle au vu de l'évolution des prix en janvier. Il est vrai qu’une entrée dans une spirale baissière des prix serait lourde de conséquences pour l’économie (baisse des marges des entreprises, alourdissement du coût de la dette...). Mais qu’en serait-il pour l’épargne ?

Comme tous les autres acteurs économiques, l’épargnant ne peut négliger l’évolution des prix car elle conditionne en partie la performance des placements, au travers de ce qu’on appelle « le taux réel ».

Définition du taux réel

Le taux réel s’entend comme le taux nominal corrigé de l'inflation. Il permet donc de vérifier rapidement si un montant épargné va gagner ou perdre en pouvoir d'achat au fil du temps

Calcul du taux réel

Imaginons qu’une somme de 10.000 euros permette d’acheter aujourd’hui un panier de produits. Si cette somme est placée à 5%, le capital au bout d’un an sera de 10.500 euros. En parallèle, si l’inflation est de 2%, le panier de produits vaudra 10.200 euros au bout d’un an. A cette échéance, le capital épargné permettra alors d’acheter 1,029 panier (10.500/10.200). Autrement dit, le pouvoir d’achat du capital se sera apprécié de 2,9%. Ce chiffre correspond au taux réel de l’épargne.

Le taux réel se calcul de manière exacte grâce à la formule suivante :

1 - [(1+t) / (1+i)]

Dans cette formule, t est le taux de l’épargne et i l’inflation

Lorsque l’inflation reste mesurée, une méthode approximative permet d’estimer plus rapidement le taux réel. Il suffit de soustraire l’inflation du taux facial (c’est-à-dire de faire le calcul : t-i). Avec l’exemple précédent, on obtient un taux réel de 3% (5%-2%).

Taux réel négatif

Le taux réel étant le résultat d'une soustraction, il peut être négatif. Cela se produit lorsque l'inflation est forte ou du moins supérieure au taux nominal du placement. En d'autres termes, un capital placé à un taux réel négatif perdra de son pouvoir d'achat au fil du temps.

Cas de la déflation

En période de déflation, le calcul à effectuer est le même. L’évolution des prix étant alors négative, elle a pour conséquence d’accroître le taux réel d’un placement.

Prenons le cas d’une épargne au taux nominal de 1% (comme un Livret A). Si durant l’année les prix baissent de 1%, le taux réel sera de 2%. Autrement dit du fait du recul des prix, le capital placé aura vu son pouvoir d’achat augmenter de 2% (en dépit d’un rendement nominal de seulement 1%).

A priori, la déflation apparaît donc favorable à l’épargne. Mais ceci reste théorique et ne peut valoir que sur une courte période. En cas de déflation longue, l’épargnant risque de voir se dégrader le couple rentabilité/risque de ses placements. Sans compter qu’une détérioration du climat économique global peut entraîner une baisse de ses revenus par ailleurs (chômage, réduction de salaire...) et le contraindre à piocher dans ses réserves pour assurer son train de vie.

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