Les frais associés au PER dans le collimateur de 60 millions de consommateurs

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Dans l’ensemble, l’Institut conseille de choisir un contrat qui affiche peu de frais et, si l’on souhaite sortir en rente, qui garantit la table de mortalité à la signature.

Reuters

Sur versement, de gestion, d’arbitrage, etc., les plans d’épargne retraite (PER) sont « perclus de frais », d’après les mots de Stéphanie Truquin, économiste à l’Institut national de la consommation. La célèbre publication de cet organisme public, 60 millions de consommateurs, consacre un dossier à ces PER dans son nouveau hors-série. Une quarantaine de professionnels ont été interrogés et une vingtaine de contrats passés à la loupe.

Il en ressort que les frais de versement sont particulièrement élevés, même s’ils sont toujours négociables. « Quand ils sont à 5%, on va mettre plusieurs années à récupérer notre capital », explique Stéphanie Truquin. Ceux-là sont en effet prélevés sur les sommes que dépose l’épargnant sur son contrat, il faut donc attendre que l’argent a travaillé quelques temps avant de reconstituer le montant initial hors frais.

Des fonds en euros menacés

Il en va de même pour les frais de gestion (non négociables). « Ils sont trop importants à nos yeux, notamment sur les fonds en euros » Car, depuis quelques années, les compagnies ont pris l’habitude de ne plus garantir 100% du capital versé sur ce support (censé être) sécurisé et déjà proposé sur les assurances vie. Les assureurs se réservent la liberté de l’amputer des frais de gestion annuels si jamais le rendement devait tomber à 0% brut (il ne peut pas descendre plus bas). Ce qui donnerait ainsi un rendement net négatif. Certains annoncent de cette manière que le fonds en euros n’est garanti qu’à 96% ou 98%. L’économiste estime qu’un quart du marché ne couvre plus à 100%. « Parfois, on ne sait pas quelle est l’étendue de la garantie, déplore Stéphanie Truquin. […] Pour l’instant, je ne suis pas sûre que l’épargnant lambda puisse comprendre quelle est cette étendue. »

Sans parler des frais d’arbitrage, qui concernent les achats ou ventes d’unités de compte, les frais sur arrérages (les rentes) sont également dans le viseur de 60 millions de consommateurs. « Ils vont de 0% à 3%, et 3%, c’est très élevé. »

Quelques conseils pour bien choisir

Dans l’ensemble, l’Institut conseille de choisir un contrat qui affiche peu de frais et, si l’on souhaite sortir en rente, qui garantit la table de mortalité à la signature (elle sert à calculer le taux de rente).

« Ne souscrivez pas auprès de votre banque ou de votre compagnie d’assurance », prévient Lionel Maugain, journaliste co-auteur du dossier. Les courtiers en ligne étant les intermédiaires à privilégier. « Il existe des contrats recommandables, nuance-t-il […] Le PER est un produit de complément d’épargne. »

Les auteurs mettent enfin en garde sur le niveau d’imposition à la retraite qui doit déterminer si les entrées seront défiscalisées ou non – le PER s’adressant plutôt à ceux qui souhaitent profiter de cet avantage.

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