Le PEL n’attire plus les foules

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Pénalisé par son taux et sa nouvelle fiscalité, le PEL enregistre une collecte symbolique cette année. Une situation qui tranche avec la flambée des années passées.

Reuters

L’époque où le PEL dépassait allègrement le milliard d’euros de collecte mensuelle est loin. En déclin depuis deux ans, les flux entrants sont devenus quasiment symboliques cette année : 573 milliards d’euros sur quatre mois.

En un an, la collecte du PEL a été divisée par 5 et par rapport au premier quadrimestre 2016, elle a été divisée par 13. La comparaison avec le Livret A est elle aussi éloquente. Fin 2016, les deux produits étaient au coude-à-coude en matière d’encours (près de 260 milliards d’euros). Depuis, le Livret A a creusé l’écart et possède désormais une avance de 10 milliards d’euros. Il faut dire qu’avec 8,2 milliards d’euros au compteur, le Livret a beaucoup plus collecté que le PEL depuis le début de l’année.

Taux en baisse et fiscalité en hausse

Les raisons de ce désamour sont aisées à comprendre. Jusqu’au début de l’année 2015, les nouveaux PEL rapportaient 2,5% bruts. Les Français étaient alors nombreux à faire du PEL un produit de placement.

Mais par la suite, le taux a progressivement été abaissé jusqu’au seuil de 1%, actuellement en vigueur. Pire encore, alors que les plans récents ne subissaient auparavant que les prélèvements sociaux, les plans ouverts depuis 2018 sont également imposables et donc soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30%.

Autrement dit, un plan ouvert depuis janvier rapporte 0,7% net, soit moins qu’un Livret A. Ceux qui détiennent un plan ancien encore bien rémunéré peuvent avoir un intérêt à l’alimenter. En revanche, il est désormais peu pertinent d’ouvrir un PEL pour y transférer des fonds, ce qui peut expliquer la forte baisse de la collecte.

Un pari sur l’avenir

Faut-il en déduire que le PEL n’a plus aucun avantage à proposer ? En fait, il ne faut pas oublier la vocation première du PEL qui est d’offrir des prêts immobiliers à des taux attractifs. Les plans actuels permettent d’obtenir au bout de 3 ans un prêt sur 15 ans au taux de 2,2%.

Pour l’instant, ce taux n’est évidemment pas compétitif, les banques prêtant autour de 1,40% sur la même durée. Mais en cas de remontée des taux, la détention de PEL pourrait se révéler payante. Détenir un PEL revient donc à l’heure actuelle à prendre un pari sur l’évolution des taux immobiliers.

Commentaires (3)
  • Nikola S.
    Nikola S.posté le 07.06.2018 à 22:19

    Il reste la solution d'investir à l'étranger. Acheter une maison à Détroit se révèle très lucratif désormais pour celui qui est capable de les poser sur la table.

  • cg2046
    cg2046posté le 07.06.2018 à 19:34

    La politique de Macron est de ruiner l' épargne populaire au profit de ses copains de l' ex ISF. Le livret A bousillé, le PEL massacré et l' assurance vie devenue une usine à gaz contrôlée par des assureurs qui ne restituent pas les réserves accumulées. Sombre tableau !

  • bob-watt
    bob-wattposté le 07.06.2018 à 18:34

    Il faut garder son épargne, lorsque l'on peut en avoir, chez soi, bien planquée.
    Il n'y a plus rien pour se protéger de l'inflation, MACRON taxe tout......il veut que les Français investissent en bourse pour leur piquer le pognon......
    On parle de taxer les Français propriétaires qui n'ont plu d'emprunt.....une honte !!!!!