L’assurance-vie rapporte-t-elle autant qu’on le pense ?

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Pour la revue 60 millions de consommateurs, les rendements réels de l’assurance-vie sont bien moins élevés qu’annoncé. Décryptage sur la nécessité d’intégrer inflation, fiscalité et frais...

Reuters

Depuis l’an passé, les Français se ruent sur l’assurance-vie. Certes le rendement actuel des fonds en euros n’a rien de spectaculaire (2,5% en moyenne en 2014). Mais pour beaucoup, face à un Livret A à 1%, il n’y a pas à hésiter.

Ceci étant, les épargnants font-ils vraiment une bonne affaire en s’orientant vers l’assurance-vie ? La revue 60 millions de consommateurs en doute. Ayant cherché à déterminer ce qui reste réellement dans la poche de l’assuré une fois déduits les frais, les taxes et l’inflation, elle conclue en effet que le rendement net est loin d’être flamboyant.

Inflation, fiscalité et frais...

L’Argent & Vous alerte d’ailleurs régulièrement ses lecteurs sur la nécessité de bien intégrer tous les paramètres qui influent sur le rendement. L’inflation est par exemple à déduire pour obtenir le taux réel. Les frais éventuels ne doivent pas non plus être négligés. L’une de nos analyses récentes a ainsi montré qu’avec 2% de frais à l’entrée sur une assurance-vie servant 2,5%, un épargnant devra attendre un an pour simplement retrouver son capital initial. Il y a enfin la fiscalité, notamment les prélèvements à 15,5%.

C’est ce travail qu’ont fait les équipes de 60 millions de consommateurs. Des rendements moyens affichés par la profession ont été retranchés les prélèvements à 15,5%, l’impôt (7,5% après 8 ans) et l’inflation.

1,59% par an depuis 2000 et non 5,21%

Pour 2014 par exemple, le rendement réel pour l’épargnant n’est alors plus de 2,5% sur les fonds en euros, mais de 1,43%.

La revue est de cette manière remontée jusqu’en 2000 en intégrant de surcroît 2,76% de frais d’entrée (moyenne constatée cette année-là). Elle rappelle que la profession fait état sur la période 2000-2014 d’une rémunération annuelle moyenne de 5,21%. Or en retraitant, les données, la performance annuelle n’est plus que de 1,59%.

Pire, 60 millions de consommateurs ajoute même que sur les unités de comptes, le rendement moyen est négatif avec -1,44% par an depuis 2000.

Des résultats à tempérer

Il est toutefois nécessaire de nuancer ce bilan qui tend à désacraliser l’assurance-vie. Comme beaucoup d’analyses, il se base sur des moyennes. Or, l’éventail de performance des fonds est très large.

Par ailleurs un taux d’imposition de 7,5% a été retenu (celui qui s’applique après 8 ans). Mais passée cette échéance, les assurés ont droit à un abattement annuel sur la part d’intérêts de leurs rachats (4.600 euros pour une personne seule). Dès lors beaucoup de sorties sont exonérées, ce qui améliore le rendement final.

Enfin, en vue de comparer les solutions d’épargne, il est important de rappeler que d’autres supports sont soumis à des contraintes similaires. En 2014, le PEL offrait par exemple 2,5%. Mais retraité des prélèvements (15,5%) et de l’inflation (0,5%), son rendement réel n’a été que de 1,61%.

Savoir déterminer le vrai rendement

Cette étude de 60 millions de consommateurs a en tout cas le mérite d’alerter l’épargnant sur la réalité des rendements (face aux discours parfois orientés des professionnels). Bref, elle rappelle qu’il faut savoir regarder au-delà du taux facial, parfois trompeur.

Ainsi, L’Argent & Vous a montré récemment qu’en dépit d’un taux brut en baisse, l’assurance-vie en euros a servi l’an passé son meilleur rendement réel depuis 2009.  On peut aussi dire qu’avec une inflation nulle, le Livret A offrira réellement 1% en 2015. Soit un record depuis 2009 également.

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