L’assurance vie et les livrets d'épargne ont été les placements les plus promus en 2021

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Ces deux supports ont représenté près de la moitié des communications promotionnelles et le quart des publicités parues l'année dernière, rapporte l'Autorité des marchés financiers.

Reuters

Une synthèse de la veille de l’AMF sur la communication promotionnelle* et la publicité** des placements financiers réalisée en 2021 auprès de 36 établissements*** relève que les acteurs du marché ont continué de promouvoir principalement l’assurance vie et les livrets d’épargne (communication des sites internet et lettres d’information) ainsi que des placements au capital non garanti (publicité).

D’après ces travaux de veille, publiés dans la dernière Lettre de l’Observatoire de l’épargne, les livrets d’épargne ont représenté trois communications promotionnelles sur dix, et les contrats d’assurance vie une sur dix.

« Certains acteurs (filiales des constructeurs automobiles) aussi ont beaucoup communiqué sur des comptes à terme (près d’une communication sur cinq) », note l’Autorité des marchés financiers. Le reste des communications a concerné les placements collectifs (8%), les "rendez-vous bilan épargne" (6%), les PER (7%), et enfin, les services d’investissement (3%).

Communications non payantes : taux boostés et frais réduits au menu de l'argumentaire

« La communication promotionnelle met le plus souvent en avant des produits et s’appuie sur des avantages financiers associés à leur souscription (taux boostés, frais réduits…). Parallèlement, les incitations à contacter un conseiller, pour dresser un bilan de son épargne, ne sont pas fréquentes. »

La finance durable a été plus visible l’année dernière (une communication sur six), et a émané principalement de la part des sociétés de gestion, et à un degré moindre des grands réseaux bancaires. Elle a très souvent mis en avant le label ISR dont les produits promus bénéficient.

A contrario, les placements collectifs ont été moins mis en avant dans les communications promotionnelles en 2021 que les deux années précédentes (11% en 2021 contre 20% en 2020 et 30% en 2019), mais on les retrouve fortement représentés dans les communications publicitaires.

Publicités : une sur deux est réalisée par une société de gestion

Du côté des publicités – une sur trois a incité à solliciter les services d’un établissement (gamme de produits, savoir-faire, ou une incitation à prendre rendez-vous "bilan épargne") et la moitié a été réalisée par des sociétés de gestion.

Les produits et services d’investissement et les rendez-vous bilan épargne ont concerné l’essentiel de ces communications (respectivement 38% et 34%), l’assurance vie et l’épargne retraite en constituant le quart restant.

En matière de produits d’investissement, quatre publicités sur dix ont promu des placements non garantis (hors assurance vie et PER), et dans six cas sur dix, ces publicités sont apparues sur des supports grand public. Plus d’une sur deux a concerné les placements collectifs (55%) dont la moitié pour des SCPI, devant les placements ISR, les fonds d’actions ainsi que les ETF.

18% des publicités émanent des néobrokers

L’AMF relève par ailleurs une présence importante des néobrokers, qui ont draîné 18% des publicités, en ciblant un public jeune avec des applications mobiles aux interfaces interactives, « une certaine gamification de l’investissement, et [vantant] une tarification présentée comme avantageuse (« zéro commission »).

Concernant la forme et les arguments utilisés par les établissements pour mettre en avant leurs produits et leurs services, l’AMF a continué de rappeler à l’ordre plusieurs sociétés en raison d’un déséquilibre entre les avantages et les risques présentés dans leurs supports.

Elle a aussi pu constater des publicités non autorisées, comme celles de plateformes proposant d’investir dans les cryptoactifs alors qu’elles ne disposent pas de l’enregistrement obligatoire auprès de l’AMF « et de très nombreuses escroqueries sur le rendement élevé de placements alternatifs (cryptos, forex, chambre d’ehpad, parking…). »

Rebond des signalements d'arnaques financières

Les signalements des consommateurs en matière d’arnaques financières – qui avaient baissé en 2020 – ont fortement augmenté l’année dernière, avait rapporté en décembre la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes. Rebondissant de 85% par rapport à l’année dernière, leur nombre a même dépassé celui constaté en 2019, pour atteindre un total de 728 plaintes.

Visant un spectre de faits frauduleux « très large pour un public tout aussi large », les arnaques financières relevées par les services de l’Etat ont touché tous les profils de consommateurs, des "simples" titulaires de crédits à la consommation jusqu’aux investisseurs avertis, en passant par les « jeunes périurbains d’origine modeste », cible privilégiée d’escroqueries déployées sur les réseaux sociaux.

Les montants des préjudices subis par les victimes de ces malversations financières sont en moyenne très élevés : d’après les données de l’Autorité des marchés financiers (AMF), les pertes déclarées sur la période 2020-2021 se sont élevés en moyenne à 40.000€ par victime, et ont pu, dans certains cas, atteindre des niveaux astronomiques.

*Non payantes.

**Payantes et publiées dans la presse en ligne et papier.

***dont 9 assureurs et 13 acteurs en ligne.

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