La surépargne Covid ne présage pas d’une hausse immédiate de la consommation, prévoit la BCE

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Principalement "forcé", le bas de laine des Européens accumulé pendant la pandémie ne devrait pas conduire à une reprise rapide des dépenses.

Reuters

La surépargne accumulée par les Européens en raison de la pandémie de coronavirus a atteint des records. Entre le début de la crise et la fin mars 2021, le montant accumulé d’épargne excédentaire est estimé à 540 milliards d’euros, soit 7,4% du revenu disponible annuel en 2019, relève le dernier Bulletin économique de la BCE.

En France, ce surplus a atteint 142 milliards d’euros, représentant un taux d’épargne des ménages record de 21,7%, en hausse de 7 points par rapport au dernier trimestre 2019, rapporte la Banque de France aux Echos.

Une progression record au Royaume-Uni

Pour autant, les ménages français ne sont pas ceux ayant connu la progression la plus importante sur cette période : au Royaume-Uni, le taux d’épargne a bondi de 11,7 points (18,19%) et en Italie, de 8,5 points (18,56%). En Allemagne – où ce taux reste le plus important en Europe à 25% - la progression a été plus modérée (6,6 points).

En dehors du Vieux Continent, les Etats-Unis ont également enregistré une hausse remarquable du taux d’épargne, à +11,5 points, pour atteindre un niveau supérieur à celui des Français, à 22,6%.

« Depuis le dernier trimestre 2019, ce sont globalement les pays avec le taux d'épargne initial le plus faible qui ont eu les plus fortes hausses, ce qui traduit probablement une similitude dans les dispositifs de restriction de consommation (et donc d'épargne forcée), conduisant à un resserrement de l'écart entre pays », rapporte La Banque de France à nos confrères.

Une épargne concentrée entre les mains des plus aisés

Majoritairement "forcée" par les restrictions sanitaires et la baisse de la consommation qui en découle, l’accumulation d’épargne au cours de la pandémie a essentiellement concerné les ménages plus âgés et ceux à revenus élevés, rapportent les économistes de la BCE Maarten Dossche, Georgi Krustev et Stylianos Zlatanos.

A cela deux raisons : d’une part, « ces deux groupes de ménages sont généralement moins exposés aux pertes de revenus du travail, dans la mesure où ils sont inactifs ou travaillent dans des secteurs moins exposés aux répercussions de la distanciation sociale. »

D’autre part, « leur panier de consommation contient plus de services ayant enregistré une baisse de la consommation liée aux mesures de distanciation sociale ».

Du fait de cette répartition "socio-économique" de la surépargne, les économistes de la BCE considèrent que cette accumulation de cash ne devrait pas se transformer en une hausse immédiate de la consommation privée.

Peu d'effet probable sur la reprise de la consommation

Ces catégories de ménages ayant moins de contraintes de liquidité que les autres, « la mesure dans laquelle cette épargne supplémentaire sera transformée en consommation devrait être relativement faible ». De plus, « ils peuvent être davantage concernés par de futures hausses de la fiscalité visant à compenser la récente augmentation de la dette publique ».

Les prévisions de la Commission européenne pour les douze prochains mois vont dans le même sens : Les ménages prévoient que leurs dépenses pour de gros achats (comme les meubles, les appareils électroniques…) seront comparables aux montants dépensés début 2020, tandis que leur intention d’acheter une voiture au cours de l’année à venir demeure même inférieure au niveau d’avant la pandémie.

Des dépenses limitées en France

En France, les dernières données de la consommation des ménages ne reflètent d’ailleurs aucune reprise spectaculaire : après un effet "déconfinement" au mois de mai, où leurs dépenses avaient bondi de 10,4% par rapport à avril, celles-ci ont chuté à +0,3% en juin, en dessous des prévisions, et ne sont attendues qu’à +1,4% pour le mois de juillet (l’Insee publiera ces chiffres mardi prochain).

En parallèle, la collecte nette du Livret A, qui est un bon indicateur de l’épargne des Français, et qui était nulle en juin, est repartie à la hausse le mois suivant.

Si les remboursements d’impôt intervenus fin juillet ont certainement participé à ce redécollage (août devrait bénéficier du même effet de levier), et que par ailleurs, ce niveau de collecte s’amenuise depuis plusieurs mois, force est de constater que les détenteurs des livrets réglementés n’ont pas "flambé" leur épargne de précaution depuis la fin du 3e confinement…

Des paiements CB en hausse début août

En ce que concerne la consommation estivale des Français, Bercy a toutefois rapporté des chiffres plus positifs pour la première quinzaine d’août, pour les seuls paiements en carte bleue toutefois : ils ont augmenté de 17% lors de la première semaine, et de 13%, la deuxième, par rapport aux mêmes périodes en 2019.

La restauration enregistre +17% la première, et +9% la suivante. Les dépenses en club de vacances et activités sportives ont pour leur part progressé de 38% du 9 au 15 août. Pour autant, certaines catégories d’achats restent largement dans le rouge : -89% pour l’aérien pour la première semaine, et -49% pour les cinémas.

Commentaires (1)
  • Macdeal
    Macdealposté le 24.08.2021 à 16:59

    Il faut aussi souligner que beaucoup de monde règle en carte bleu ou via sans contact.
    Les paiements espèces ont diminués ainsi que les chèques ...
    Il faut croire que l'article est dirigé pour dire : pas de soucis le pass sanitaire n'a pas eu d'impact ... tout va bien dormez tranquille.

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