La CLCV se penche sur le cas de l’assurance-vie

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Communication opaque, rendements inégaux selon le type de contrat… L’association demande aux professionnels de faire preuve de plus de transparence et d’équité.

Reuters

232 contrats étudiés sur une période de 8 ans. La CLCV a déployé les grands moyens pour se pencher sur le cas de l’assurance-vie. Il faut dire qu’avec près de 1.700 milliards d’euros d’encours, elle reste de loin le placement préféré des Français.

A la lecture des conclusions, force est tout de même de constater que ce travail n’aboutit pas à des révélations fracassantes. Les pratiques dénoncées sont connues de longues dates et sont régulièrement montrées du doigt par les experts du secteur. Ceci étant, cette analyse a un mérite : elle résume en un seul document les petits travers du secteur.

Une communication opaque

Quels sont les rendements, les taux de redistribution ou encore les frais facturés ? Pour le savoir, l’association a envoyé 1.009 questionnaires. Or, 777 d’entre eux n’ont pas été retournés tandis que d’autres sont revenus incomplets. Pour la CLCV, ce manque de transparence prouve que certains assureurs pratiquent « une cuisine interne » qu’ils ne souhaitent pas rendre publique.

Des rendements très variables

Les rendements servis par les banques sur les fonds en euros sont moins bons que ceux des assureurs ou des mutuelles (22,62% sur 8 ans contre 27,96%). Par ailleurs, les performances des contrats fermés à la souscription sont inférieures à celles des contrats encore ouverts. Des tendances qui n’ont rien de surprenant et qui avait déjà été soulignées par l’ACPR en 2014. De la même manière, les statistiques montrent régulièrement que certains assureurs privilégient les détenteurs de contrats haut de gamme.

Des distributions inégales

Bien entendu, l’argent placé par les épargnants ne travaille pas que pour eux. Il est placé dans des portefeuilles dont le rendement ne revient qu’en partie aux assurés (du fait de l’application de frais et de provisions). La CLCV a cherché à déterminer la part touchée in fine par l’assuré. Elle varie fortement (de 56% à 107%) et l’association note qu’elle peut également fluctuer en fonction du contrat chez le même assureur.

Là encore, cela n’a rien d’étonnant. De fait, si les assureurs sont tenus de redistribuer une part minimale de leurs bénéfices, l’obligation s’applique à l’ensemble de la compagnie (et non assuré par assuré). L’assureur peut donc privilégier certains assurés selon leur contrat. De surcroît, la compagnie est autorisée à mettre une partie de ses bénéfices en réserve en vue de les verser ultérieurement (la distribution ne profitant alors qu’aux assurés encore présents).

Des demandes aux professionnels

L’association souhaiterait en tout cas que les assureurs fassent preuve de plus de transparence dans les informations données et qu’ils se montrent plus équitables dans l’attribution des rendements. Reste à savoir si ces demandes seront entendues, sachant par exemple que la règlementation actuelle ne contraint pas les assureurs à faire preuve de plus d’équité dans les taux servis.

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