Finance utile : un concept encore flou pour les épargnants

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Une fois la définition clarifiée, une bonne partie des Français admet toutefois qu’elle pourrait être influencée dans ses choix d’investissement par ce critère.

Reuters

Finance utile. L’association de ces deux mots n’évoque pas grand-chose aux épargnants. L’étude réalisée pour Patrimonia et Sycomore auprès de 1.000 personnes majeures montre en effet que les Français ont le plus grand mal à cerner ce concept. Certains citent l’utilité publique (13%), d’autres le soutien aux entreprises (12%) ou le retour sur investissement (8%). Reste que pour 22% des sondés, la « finance utile » n’évoque rien.

Il faut dire que les non-spécialistes ont de quoi s’y perdre. Entre la finance solidaire, l’investissement socialement responsable (avec ses critères ESG) ou l’économie participative, les concepts se sont multipliés ces dernières années, brouillant certainement la vision que peuvent en avoir les épargnants.

Concilier utilité et rendement

L’étude prend donc soin de préciser ce qu’il faut entendre par « finance utile » : des investissements qui concilient performance financière et impact positifs sur la société et/ou l’environnement. Autrement dit, une sorte d’ISR rentable.

Une fois cette précision apportée, les réactions semblent en tout cas positives. 26% des sondés indiquent finalement avoir déjà fait un investissement utile via des produits d’épargne, 10% via leur banque et 5% en direct au travers d’entreprises responsables.

Certes, les non convertis sont nombreux. Mais 13% se disent intéressés et 32% avouent qu’ils n’étaient tout simplement pas au courant de cette opportunité.

Résultat, au global, le critère « finance utile » pourrait à l’avenir influencer les choix de placements de 53% des sondés, les secteurs vus comme les plus proches de cette notion étant l’artisanat, les énergies et la santé.

Des résultats à regarder avec prudence

Faut-il alors s’attendre à une vague d’investissements au profit de la finance utile ? L’expérience ne peut qu’inciter à la prudence car entre les déclarations d’intentions faites à un sondeur et le passage à l’acte, il y a un pas qui n’est pas toujours franchi.

A ce sujet, une autre partie de l’étude est intéressante. Elle montre que si les épargnants valident la dimension sociale et environnementale du concept, ils n’oublient pas l’autre partie de la définition : la performance financière. Pour 34% des sondés, un investissement responsable se doit d’offrir entre 3% et 6% de rendement annualisé.

On peut donc se demander si dans le contexte actuel cette exigence ne sera pas un frein pour la finance utile. D’autant que parmi les produits plébiscités pour investir utile, le LDDS arrive en tête (38%). Or, il ne sert que 0,75% par an.

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