Faillite de Swoon : France Conso Banque lance une action collective au pénal

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L'association de consommateurs vient d'ouvrir une action collective contre la fintech qui a fait faillite afin que ses ex-clients puissent récupérer les sommes qu'ils lui avaient confiées. Le préjudice atteindrait plusieurs millions d'euros.

Reuters

Près de six mois après la faillite de la néobanque Swoon, qui a laissé près de 500 clients sur le carreau, une action collective a été lancée mardi 7 décembre à l’initiative de l’association France Conso Banque.

Accessible depuis la plateforme myleo.legal, cette action collective vise à aider les particuliers à récupérer les sommes perdues à la suite de la clôture de leurs comptes. Elle est ouverte à toute personne ayant souscrit un contrat avec Swoon et se trouvant dans l’impossibilité de récupérer tout ou partie de son argent.

Les inscriptions sont ouvertes sur la plateforme jusqu’au 30 janvier 2022. Les inscrits disposeront d’un espace-membre privatisé et sécurisé sur lequel ils pourront télécharger les pièces à destination des avocats et pourront dialoguer avec des avocats et des juristes au sujet de cette action collective.

« Tout est fait pour simplifier l'accès à la justice et obtenir la plus grande transparence, notamment tarifaire », précise France Conso Banque qui a par ailleurs négocié une convention d’honoraires avec les avocats partenaires de la plateforme Myleo « pour permettre à tous de pouvoir se défendre ».

Les honoraires comprennent un honoraire de base allant de 960 à 1.860 € TTC en fonction du montant du préjudice subi et un honoraire de résultat égal à 12 % TTC des sommes récupérées en cas de négociation.

Livret à 3%

Créée en 2018, la fintech lilloise Swoon proposait un compte de paiement sur mobile et un livret rémunéré à un taux attractif de 3%, qui a causé sa perte, et celle d’une partie des fonds de ses clients.

Placée en liquidation judiciaire l’été dernier, la structure a été contrainte de fermer les comptes de ses quelque 500 utilisateurs, dont beaucoup n’ont pas récupéré les sommes qu’ils y avaient placées, pour un préjudice évalué à plus d’un million d’euros.

Son fondateur Quentin Hadouche avait déclaré que les clients de Swoon lésés seraient remboursés lors de l’épuration des opérations de prêt de son autre société, la Financière de Garantie, qui conservait les dépôts et les prêtait à des PME à un taux de 5%, censés assurer la rémunération de 3% des livrets des clients, et accorder les 2% restants à Swoon.

Agréments

Mais cette dernière s’est également retrouvée en difficulté de rembourser les fonds collectés. « Les prêts atteignaient 85% des fonds collectés, ce n'était pas tenable. Il aurait fallu s'arrêter à la moitié et le taux à 3% était irréaliste », expliquait le mois dernier Michel Guillaud, président de l’association, à nos confrères de BFM Business. Le nombre de clients s’amenuisant, le montage est allé rapidement dans le mur. Sans compter qu’aucune des deux sociétés ne disposaient des agréments nécessaires à la commercialisation de produits d’épargne et de telles opérations de prêts.

L’action collective au pénal qui vient d’être engagée devrait compter plusieurs années de procédure, prévient l’association. « Compte tenu de la multiplicité des procédures prévues par les avocats, il est impossible de présenter leur durée, étant précisé que la procédure pénale peut prendre plusieurs années », indique-t-elle. Quant à la probabilité des ex-clients de Swoon de récupérer les sommes perdues, celle-ci reste faible…

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