Epargne : Les livrets bancaires paient le dynamisme du Livret A et du LDD

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Ils ont subi des retraits historiques en octobre. Difficile de ne pas y voir un mouvement de transfert

Reuters

Où les Français sont-ils allés piocher les 21,3 milliards d'euros placés sur le Livret A et le LDD en octobre ? Les chiffres de la Banque de France donnent un début de réponse. Un vaste mouvement de transfert a eu lieu depuis les livrets d'épargne bancaires non réglementés.

En octobre, ils ont subi une décollecte de 12,4 milliards d'euros. Un phénomène d'une ampleur jamais observée depuis que la Banque de France fournit ces données (avril 1993). Déjà en septembre, un premier appel d'air avait eu lieu avec des retraits de 1,8 milliard.

En deux mois, les livrets bancaires ont donc perdu plus de 14 milliards d'euros. Ce qui représente tout de même 7,25% des encours constatés à la fin du mois d'août.

Du point de vue de l'épargnant cette stratégie d'arbitrage est parfaitement compréhensible. Si les livrets bancaires offrent des taux promotionnels pouvant dépasser les 5%, les promotions ne sont que temporaires et les taux de base (liés aux taux de marché) s'avèrent bien plus modestes : moins de 2% pour certains.

Face à un Livret A qui propose 2,25% net, les livrets bancaires ont donc du mal à rester compétitif. Par exemple, pour un ménage imposé au taux marginal de 14%, un livret bancaire devra offrir un taux brut de plus de 3,2% pour être plus rémunérateur (en net) que le Livret A ou le LDD. Et il va sans dire qu'avec l'imposition des intérêts au barème dès 2013, les livrets bancaires vont être de moins en moins attractifs pour les hauts revenus.

Il ne faut d'ailleurs pas exclure d'autres mouvements de transfert à l'avenir. Car après avoir porté le plafond du Livret A de 15.300 euros à 19.125 euros, le gouvernement a promis un autre relèvement qui portera la limite de dépôts à 22.950 euros.

Commentaires (2)
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2020, grande année du Livret A et du LDDS !

La collecte de ces deux livrets rémunérés à 0,5% a représenté 35,2 milliards d’euros, en grande partie alimentée par l’épargne forcée des ménages les moins impactés par la crise sanitaire.

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