Epargne : éviter que l'émotion l’emporte sur la raison…

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Les biais cognitifs peuvent altérer les prises de décision d’un épargnant. La société Nalo vient de donner quelques conseils pour garder la tête froide.

Reuters

« L’émotion interfère inévitablement dans nos arbitrages ». Comme le souligne Hugo Bompard, fondateur de la société d’investissement en ligne Nalo, nos prises de décisions en matière d’épargne ne sont jamais totalement rationnelles. Elles peuvent être altérées par des « biais cognitifs ».

C’est notamment le cas lorsqu’un épargnant se base sur une tendance haussière récente pour estimer que la progression va se poursuivre. Ce biais de nouveauté, qui s’explique par le fait qu’on se souvient mieux des événements récents, peut conduire à considérer que ces événements vont perdurer.

Le biais domestique est également mis en avant par Nalo. Si cette préférence pour les actifs locaux peut avoir une justification sur des critères d'ISR, l’exposition à une seule zone (par exemple un pays) augmente nécessairement le risque du portefeuille, rappelle la société.

L’émotion peut aussi prendre le dessus lorsqu’il s’agit d’établir des liens de causalité entre des événements (sans justification réelle). C’est en raison de ce biais rétrospectif, dû à une surestimation de nos capacités d’analyse des événements passés, que certains épargnants pensent pouvoir prédire l’avenir (flambée, krach…).

Garder la tête froide

Pour éviter les déconvenues imputables à des erreurs de jugement, Nalo invite donc les épargnants à garder la tête froide et leur fait dans cette optique quelques recommandations.

La première précaution consiste à mettre en place une épargne de précaution rapidement mobilisable et suffisante pour couvrir les situations d’urgence. Ainsi, l’épargnant sera plus serein en cas de revers passager sur les marchés et ne sera pas contraint de liquider des titres à perte dans un mouvement de panique. Pour ce faire, Nalo préconise par exemple de conserver l’équivalent de 3 mois de salaire sur un support souple comme le Livret A.

Dans le même objectif, Hugo Bompard préconise aussi de bien définir ses objectifs en amont pour prendre les bonnes décisions et surtout ne pas les remettre en cause à court terme. « Dans le cadre d’un horizon de 10 ans, la rentabilité et la performance de son investissement ne doivent s’apprécier qu’à l’issue de cette période », explique-t-il en ajoutant qu’il est inutile de regarder quotidiennement les évolutions de son portefeuille. Des consultations espacées réduisent le stress et permettent de mieux appréhender le risque.

Enfin, à ceux qui associent gestion de patrimoine et anxiété, Hugo Bompard recommande la gestion pilotée. Un professionnel sera alors à même de construire une stratégie en rapport avec le profil du client, lequel ne sera plus tenté de procéder à des arbitrages inutiles ou contreproductifs.

Commentaires (3)
  • Michel First
    Michel Firstposté le 17.05.2019 à 08:31

    Pour conforter la réaction de Guillaume Pitsch,le "portefeuille permanent" n'est pas nouveau.Vive internet pour l’accès à la connaissance universelle.C'est le reflet d'une démocratie participative,du pire à l’exceptionnel,et à l'individu de trier. Je pense que dans les pays sous-développés, ce peut être une arme démagogique.

  • guilpit
    guilpitposté le 15.05.2019 à 12:21

    "les actifs locaux peut avoir une justification sur des critères ESR...", lire ESG probablement.
    Gestion pilotée, super pour les gens qui ne s'intéressent pas à la bourse et/ou qui n'ont pas le temps et/ou compétence pour le faire. Une solution à moindre coût et qui peut répondre à ces biais cognitifs : La mise en place d'un versement programmé mensuel dans une assurance vie avec une allocation fixe de 3/4 ETF. Le tout répondant aux critères ESG (SRI).
    - 40% ETF MSCI World SRI
    + 25% ETF emprunt d'états
    + 25% un fonds perf absolue (H2O moderato)
    + 10% fonds émergeant

  • Journaliste
    Journalisteposté le 15.05.2019 à 12:38

    Il y a bien une coquille effectivement, mais nous voulions écrire ISR pas ESG. La correction a été effectuée. Merci

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