Deux tiers des Français ignorent ce qu’est l’épargne responsable

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Un sondage Opinion Way réalisé pour La Banque Postale et l’appli Cashbee montre que la majorité des Français ne savent pas ce que cette notion signifie.

D’après cette enquête réalisée en avril 2021 auprès d’un échantillon représentatif de la population âgée de 18 à 79 ans, l’intérêt de la majorité des sondés (84%) pour la thématique de l’investissement socialement responsable (ISR) ne s’est pas renforcé avec la crise sanitaire, et ces investissements représentent toujours une part minoritaire de leur épargne : quatre personnes interrogées sur cinq n’en possèdent pas dans leur portefeuille.

Scepticisme

Lors du choix d’un placement, les épargnants considèrent en priorité la sécurité, devant la rentabilité, la liquidité, puis la simplicité du produit tandis qu’ une certaine méfiance demeure sur l’efficacité, la sincérité et la rentabilité des placements responsables.

Plus de 70% des sondés les considèrent moins performants qu’un placement traditionnel, un tiers y voient d’abord un habillage marketing, et environ 40% constatent qu’il ne leur est pas possible d’évaluer l’impact social ou environnemental des produits ISR.

La génération connectée, davantage convaincue

Pour Cashbee, qui a étendu l’étude sur le champ de ses clients digitaux, il existe surtout un décalage de connaissance et d’intérêt de ces placements entre les investisseurs "digitaux" et ceux passant par des canaux traditionnels. Les premiers sont 35% à déclarer avoir déjà réalisé un investissement du label d’Etat français ISR, contre seulement 16% du côté des épargnants "traditionnels".

59% des investisseurs "connectés" se déclarent prêts à considérer ce type d’investissement, 25% assurant même que placer une partie de son épargne sur des supports durable est une priorité, alors que 30% des épargnants "traditionnels" envisagent de s’intéresser à ces supports.

Pas d'harmonisation

L’épargne responsable est un sujet complexe qui recouvre différentes stratégies d’investissement, et dont l’identification pour les épargnants n’est pas forcément évidente – y compris pour les initiés : le droit européen en la matière n’est pas harmonisé, plusieurs labels – couvrant différents champs de l’ISR – coexistent sur le marché français, et chaque société de gestion applique de facto sa propre méthodologie pour apprécier l’engagement durable des entreprises en portefeuille.

Pour autant, ces supports vont être amenés à se démocratiser : depuis le 1er janvier 2020, les assureurs ont l’obligation de proposer au sein de leurs supports d’assurance vie au moins une unité de compte (UC) ayant obtenu un label d’Etat de finance responsable, ISR, "vert" ou "solidaire". L’année prochaine, les contrats devront même proposer trois UC avec chacune de ces labellisations.

Refonte du label ISR

En France, afin d’améliorer la lisibilité et la transparence de ces sujets vis-à-vis des épargnants, le ministère de l’Economie a lancé en avril des travaux de refonte du label d’Etat ISR, qu’un rapport de l’inspection générale des Finances a épinglé pour son caractère trop généraliste (comprenez peu contraignant) et pas assez centré sur la finance « à impact » (c’est-à-dire qui valorise les sociétés apporteuses de solutions concrètes aux défis du développement durable). Les résultats de ces travaux sont attendus au printemps 2022.

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